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FICHE | Site inscrit - SIN0000440 - Bourg et ses abords (SAINT-VINCENT-DE-COSSE)
Procédure  Arrêté 05/02/1974
Arrêté d'inscription

Commune(s) d'Aquitaine
SAINT-VINCENT-DE-COSSE  (24)
Commune(s) hors Aquitaine
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Autre zone
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Critère
Site d'intérêt pittoresque

Statut de propriété

Type de site
Bourgs, centres anciens, bastide, patrimoine urbain

Superficie: 664.73 hectares
 (superficie calculée par la méthode cartésienne sur la donnée géographique en projection légale Lambert 93)

Motivation de la protection

« Un trou existait dans la protection du site généralisé de la Dordogne. Le bourg de St Vincent de Cosse avait été omis. Or, il s’agit d’un secteur particulièrement pittoresque de la vallée, avec de remarquables maisons périgourdines et où allaient s’édifier, sans notre intervention, des bâtiments modernes. ». Signé : René ROUGIER Inspecteur Régional des Sites, octobre 1973.
À noter que « après une concertation amicale, la Municipalité a admis l’utilité et l’urgence » de la protection, les constructions en cause auraient en effet entraîné « des déboisements… et risquaient de polluer la source qui alimente le bourg ».
L’inscription concerne : « St Vincent de Cosse, son bourg pittoresque et les hauteurs boisées dites ‘Les Truffes’ » … et permet de « veiller sur ce secteur... de la vallée de la Dordogne, réparant ainsi une omission qui aurait pu avoir des conséquences néfastes pour ce secteur de la Vallée ».
(rapport de présentation pour l’inscription du site- 1973)

Etat actuel du site

On appréhende le site inscrit dans son ensemble depuis la terrasse et les jardins du château des Milandes (Joséphine BAKER) situé en rive gauche, sur un promontoire à 40m au-dessus de la Dordogne.

C’est un large méandre rural où la Dordogne coule doucement entre des rives boisées.
La falaise en rive droite est très éloignée de la rivière (presque 2 kms au plus large) et par là donne lieu à des sites moins spectaculaires qu’à l’Est (comme, par exemple, ceux du village et château de Beynac, de la Roque-Gageac, châteaux de Marqueyssac, Castelnaud, .. ). Quoique très peu visible, la Dordogne offre aux connaisseurs des points d’animation appréciés : baignade, buvette et parcours suspendu dans les arbres au port d’Envaux et deux accès pour les kayaks.
Il s’agit d’un site à dominante agricole où alternent tabac, maïs et vergers de noyers et quelques peupleraies.

Le village s’étire en pied de coteau, dominé par les hauteurs boisées dites ‘les Truffes’ où l’on voit très peu d’émergences de falaise calcaire. C’est un bourg rural aux maisons typiquement périgourdines (pierres ocre-doré et quelques toits de lauzes), serrées autour d’une rue étroite et des venelles. À noter un ensemble remarquable (proche à pied de la place de la ‘ nouvelle église’ XIXè) le château de Lasfargues : bâtiments anciens (XVIIe ?), terrasse et jardin avec retenue d’eau.
Le centre-bourg se trouve au débouché du petit talweg aux versants boisés du ruisseau le Béringot ; c’est le paysage agricole d’une petite vallée étroite à fond plat, humide, un peu hors du temps et de l’agitation de la vallée de la Dordogne (hameau de Gossen : fermes, murets, lavoir, pâturages, vergers et malheureusement quelques peupleraies en fond de vallée).
Depuis l’axe principal de la RD 703, le village n’est pas visible, l’hôtel du Domaine du château de Monrecours lui vole la vedette; par contre cette route a donné lieu au Nord à une urbanisation linéaire d’une grande banalité.

Enjeux et préconisations

Il ne s’agit pas ici d’un des sites majeurs des paysages du Périgord noir, mais plutôt d’un paysage quotidien offrant un cadre de vie de qualité dont il s’agit de préserver le caractère.

L’enjeu principal du méandre de St Vincent de Cosse est avant tout le maintien d’une agriculture dynamique.
Le paysage de champs ouverts permet d’appréhender la vallée dans toute son ampleur. Les peupleraies sont heureusement rares, et les vues sont souvent dégagées. La présence de noyeraies est marquante et à encourager.
Dans la petite vallée du Béringot, il y a quelques espaces en déprise agricole (friches et boisements spontanés en bord de route) et c’est une évolution à surveiller.
Les berges de la Dordogne mériteraient des aménagements d’accueil du public pour éloigner les automobiles des abords immédiats de la rivière (en pleine saison touristique, un continum de stationnements plus ou moins organisés s’étire sur 1,5 km de long). Le port d’Envaux est un lieu très intéressant qui gagnerait à être davantage mis en valeur (restauration des cales du passeur…).

Les constructions existantes sont en majorité entretenues et restaurées (à part quelques bâtiments annexes de ferme dans le talweg). À noter la restauration de séchoirs à tabac en bois en habitation de qualité. Le versant boisé qui sert d’écrin au méandre dans sa partie Nord n’est pas touché par une urbanisation qui le défigurerait, en effet, l’urbanisation nouvelle paraît être actuellement contenue. Ceci est à noter en particulier à l’Ouest et au Sud de la RD 703 où l’impression générale que dégage le secteur dans sa traversée est encore, en majorité, celle d’un paysage agricole par cet axe de communication majeur le long de la Vallée de la Dordogne.

La voie SNCF est un atout économique et touristique indéniable qu’il convient de maintenir, voire renforcer dans une zone qui, en été au moins, semble saturée par l’automobile.

Ressources