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FICHE | Site inscrit - SIN0000438 - Ruines de l'église de Loupinat et ses abords
Procédure  Arrêté 24/12/1943
Arrêté d'inscription

Commune(s) d'Aquitaine
MONBAHUS  (47)
Commune(s) hors Aquitaine
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Autre zone
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Critère
Site d'intérêt pittoresque

Statut de propriété

Type de site
Autre patrimoine bâti isolé : maisons fortes, église, abbaye, moulin

Superficie: 0.23 hectare
 (superficie calculée par la méthode cartésienne sur la donnée géographique en projection légale Lambert 93)

Motivation de la protection

« La vallée de la Garonne, dans sa traversée du département du Lot-et-Garonne, est riche et agréable. De hauts coteaux la bordent d’où l’on découvre de magnifiques points de vue, dès qu’on s’enfonce dans l’arrière pays on sent que le sol est bien vite différent. Quittant les hauteurs de Villeneuve, en direction du nord, la route est une succession de côtes, les terres restent fort cultivées et les sommets des coteaux sont recouverts de grands bois touffus.
Les villages sont assez espacés, et sur des promontoires on découvre des églises minuscules, juchées au milieu des arbres qui les ombragent et les dissimulent.
Tel est le cas pour l’église de Loupinat. Elle est située à droite de la route départementale n° 273, de Casseneuil à Monbahus, à 4,5 kilomètres avant d’atteindre cette dernière commune, au sommet d’un coteau, sur la rive droite du Tolzac, de Monclar, à la lisière de grands bois. Pour y parvenir, on doit suivre un sentier fort agréable. Elle se dissimule sous de grands ombrages, et les deux magnifiques chênes qui s’élèvent au sud sont dignes de figurer par eux-mêmes dans la liste des arbres remarquables du département. Des cyprès complètent le décor.
Le clocher de l’église est un mur peu élevé, percé de deux ouvertures inégales destinées à recueillir les cloches, aujourd’hui absentes. Le porche de l’église est en assez bon état. La toiture faite de simples tuiles romaines repose sur des piliers de bois.
L’édifice est entouré du plus complet abandon. Cela lui donne encore plus de charme, mais risque de faire pressentir une ruine assez prochaine. Le lierre a pris possession des murailles dont il adoucit le contour. L’ensemble est fort pittoresque, très reposant à l’œil. Un petit cimetière, dans le même état d’abandon, entoure l’édifice et une haie entoure le tout… ».
(Extrait du rapport général d’inspection 1943).
En 1942, le souhait de la municipalité était de désaffecter et démolir l’église. Ainsi, d’après le courrier de Jules Kaehrling, architecte en chef du gouvernement, il semblerait que déjà, la couverture et la charpente menaçaient de s’écrouler. On peut imaginer que la protection en site ait été motivée par le souhait de protéger l’église de la destruction.

Etat actuel du site

• Environnement du site :
Le site se trouve au nord du département, au sud-ouest de Monbahus. On accède à l’édifice par l’ouest, depuis le lieu dit Astiquets, par une route dans un premier temps, puis par un chemin enherbé. L’église est implantée à flanc d’un relief doux orienté vers le sud-ouest, vers le ruisseau du Tolzac. Au nord de l’église, il y a le bois dit « bois de Loupinat » qui vient coiffer le petit relief au dessus de l’église et s’étire pour rejoindre plus au nord encore le bois de Monbahus. A l’est, le versant est occupé par un grand verger de noisetiers. Sur les autres horizons, le paysage est très ouvert. Des parcelles agricoles de belle taille entourent l’église.
On repère le bâtiment en ruine sous la végétation, ainsi que la présence d’une mare.
• Description du site :
Le site inscrit protège l’église paroissiale de Saint-Vincent dit Eglise de Loupinat, le cimetière qui l’entoure et une petite parcelle à l’est qui aujourd’hui est incluse dans la grande parcelle labourée. L’église est ruinée. Pourtant, la façade ouest « fait illusion » avec son portail en arc brisé et le clocher-mur percé de deux baies campanaires. En réalité, les murs sont encore debout, mais la végétation est partout notamment en tête des maçonneries. Du portail, on aperçoit l’autel de l’église derrière le taillis de robiniers. Un petit volume est raccroché à l’église au nord, il est lui aussi ruiné.
Le cimetière comporte plusieurs tombes anciennes (XIX ème) , mais tout est de travers, abîmé, l’ambiance est désolante. De nombreux jeunes arbres spontanés (robiniers) se développent tout autour, seul le devant de l’édifice, côté ouest reste relativement dégagé. L’enclos est délimité par un muret en pierre également détérioré.
Depuis le site les vues vers l’extérieur sont très étendues, en direction du sud ouest, vers les pentes de la rive gauche du Tolzac.
• Etat actuel du site :
L’église n’a pas été démolie. Mais aujourd’hui, il ne reste que des ruines envahies par la végétation. La visite « intérieure » de l’édifice est dangereuse à cause du risque de chute de pierre. Les arbres prennent racine indifféremment dans ou autour du monument. La couverture a disparu depuis longtemps au vu de la taille des troncs des arbres ayant pris racine à l’intérieur.
Les abords des sépultures sont dégagés de la végétation mais sans soin et sans nuance. Les murets de l’enclos qui entourent le cimetière sont en très mauvais état.
Les « deux magnifiques chênes » ont disparu, de même que les cyprès qui « complétaient le décor ». De plus, la parcelle dessinée sur le cadastre de la protection qui comportait les arbres a été phagocytée par la grande parcelle agricole.
Le sentier d’accès n’a plus rien d’agréable. Il se fait par un chemin agricole entre des murs ruinés et couverts de ronces.

Enjeux et préconisations

Le charme pittoresque mentionné dans le rapport de protection a laissé place à un sentiment de désolation et d’abandon. Le site n’est plus ce qu’il était au moment de la protection. A l’échelle du paysage, noyé dans son taillis de robiniers, il ne fonctionne plus comme motif bâti dans un cadre champêtre. A l’échelle du lieu, ruiné, sans entretien et sous couvert de ce boisement spontané, il n’a plus de charme. L’état de l’église, la disparition des « deux magnifiques chênes » et l’annexion de la parcelle où se ils trouvaient, diminuent la qualité du site.

Ce site ne ressemble en rien à la description du rapport de protection. L’évolution du lieu a conduit à un état regrettable, presque déplorable. Le charme romantique de la ruine n’opère pas, pour deux raisons qui se conjuguent : l’ouverture béante du paysage par le remembrement, le mauvais état du monument et de l’enclos).

Préconisations
La remise en état ou au moins la stabilisation des ruines serait souhaitable, ainsi que le dégagement des robiniers envahissants, à condition qu’un projet (individuel, communal ou associatif) investisse les lieux. En l’état, l’environnement proche ne concourt pas à favoriser cette dynamique (isolé, terrains avalés par les grandes cultures, maisons ruinées, …).
Visite de terrain en avril 2010

Ressources