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FICHE | Site inscrit - SIN0000404 - Coteaux de la Dordogne
Procédure  Arrêté 27/12/1982
Arrêté d'inscription

Commune(s) d'Aquitaine
EYNESSE  (33)
SAINT-ANDRE-ET-APPELLES  (33)
Commune(s) hors Aquitaine
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Autre zone
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Critère
Site d'intérêt pittoresque

Statut de propriété

Type de site
Sites naturels - grands ensembles paysagers

Superficie: 47.41 hectares
 (superficie calculée par la méthode cartésienne sur la donnée géographique en projection légale Lambert 93)

Motivation de la protection

« Les coteaux de la Dordogne sur les communes d’Eynesse et de Saint-André et Appelles sont remarquables à plus d’un titre et qu’il convient de les protéger ». (extrait de l’avis technique du 10/11/1981 du ministère de l’urbanisme et du logement).
« {…} Puisque les coteaux dits de Picon ont déjà fait l’objet d’une mesure d’inscription à l’inventaire des sites, je pense qu’il est en effet fort souhaitable que cette protection puisse s’étendre afin que, vu sa grande qualité, une grande partie du versant boisé situé sur les communes d’Eynesse et de St André et Appelles soit préservée. {…} » courrier daté du 29 septembre 1980,non signé.
« Le périmètre de protection proposé va, en empruntant les coteaux, du bourg d’Eynesse au pont de la Beauze. Espace essentiellement boisé où l’essence dominante est le chêne et en sous-bois une végétation herbacée assez dense et remarquable. La présence de plusieurs sources à flanc de coteau explique en partie ces caractéristiques et a favorisé le maintien d’une faune très diversifiée. (blaireaux, renards, fouine, martins-pêcheurs, Milans noirs, poules d’eau… Des chevreuils ont été introduis récemment).
Ces bois renferment plusieurs richesses comme plusieurs grottes et un tumulus.
Au-delà, vers la ligne de crête, on découvre le château de Baby (XVIIIe , XIXe siècle) et son parc où l’on jouit d’une vue remarquable sur la vallée de la Dordogne et sur le bourg de St André et Appelles.
Partant de ce point haut un petit chemin à flanc de coteau permet de traverser les bois pour déboucher sur la route touristique longeant la rivière » (extrait de la fiche d’enquête pour l’inventaire des richesses naturelles, ministère de l’environnement, non daté).

Etat actuel du site

• Environnement du site :
Quittant la ville de Sainte-Foy-le-Grande, la Dordogne s’oriente d’abord vers le sud-ouest, jusqu’au Pont-de-la-Beauze, au niveau de la confluence avec le ruisseau des Sandaux, puis elle rencontre un obstacle, un flanc de coteaux qui l’oblige à redresser sa course vers l’ouest. Ce sont ces coteaux en rive sud de la rivière qui constituent le site inscrit, jouxtant et prolongeant le site du château de Picon. Sur cette séquence, la vallée présente un profil dissymétrique qui permet un grand dégagement visuel sur le coteau boisé. En effet, c’est une vallée alluviale large qui fait face au site, composée de fruitiers et de vignes mais aussi de prairies et de cultures céréalières, qui libérent des vues sur le coteau boisé. Mais les terres alluviales n’ont pas toutes été préservées de l’étalement urbain, si bien qu’en vis-à-vis du site, en bord de rivière se trouve un quartier de maisons individuelles dont certaines très récentes. Les maisons sont implantées au nord de la voie de desserte, si bien que les espaces entre route et berge sont occupés par des jardins ou des plantations qui cachent les constructions depuis le site. Par contre, pour profiter du site, en vision rapprochée, avec la rivière au premier plan, il faut se tenir sur ces parcelles privées jardinées. Dans ces parcelles entretenues, la ripisylve est maîtrisée, même dégagée pour laisser voir la rivière.
Le site se développe sur deux communes, Eynesse et Saint-André-et-Appelles.
Ses limites s’appuient sur la berge en limite nord, et plus ou moins sur la crête, en limite sud. A l’ouest il jouxte le périmètre du château Picon, en excluant toutefois le quartier de Jarnac, en pied de coteau, petit hameau constitué de bâtis traditionnels et plus récents.

• Description du site :
Le site protége donc une séquence du coteau sud de la vallée de la Dordogne en complément du site du château Picon protégé antérieurement. Ce sont donc des pentes exposées nord. Le flanc du versant est essentiellement boisé. Les essences dominantes sont le chêne et l’acacia, avec un sous-étage très présent. En partie haute, où la pente est plus douce, les parcelles sont occupées par des vergers et des vignes. Cette occupation agricole en partie haute libèrent des vues, à partir du chemin de Picon, vers la vallée de la Dordogne et les coteaux nord (Port-Sainte-Foy-et-Ponchapt et Saint-Antoine-de-Breuilh).
Entre la berge et la route qui la longe, se développe une ripisylve épaisse composée de peupliers, saules, aulne, érables negundo qui constitue un obstacle visuel et empêche les vues sur la rivière et au delà, vers la rive nord.
A l’extrémité est du site, dans le versant boisé, prend place le château de Baby entouré d’un parc paysager d’où émergent des essences traditionnelles des parcs de la fin du XIXème (cèdres, pins et magnifiques magnolias). C’est par un joli chemin sous une voûte de chênes, circulant en partie haute du versant que l’on atteint le portail d’entrée de château Baby constitué de deux grands piliers en pierres de taille et d’une grille en fer forgé. Cette voie se prolonge jusqu’au château de Picon. A la différence du château de Picon que l’on perçoit entouré de vignes, le château de Baby, dans le versant n’est pas visible. Seule la couverture en ardoise et le haut de la façade se perçoit dans la masse arborée, à partir de la rive droite.

• État actuel du site :
La masse boisée mentionnée et décrite dans les rapports a été préservée. Cependant, les sources mentionnées dans les textes, les grottes et les tumulus ne sont pas indiqués sur les documents, ni visibles sur le terrain.
Une mise aux normes de la voie en pied de coteaux a été effectuée en ajoutant des garde-corps en bois entre la route la berge de la Dordogne.

Enjeux et préconisations

Il semble que le site ait peu évolué depuis sa protection, le caractère naturel est préservé. Il convient de conserver les boisements et de veiller à ce qu’aucune habitation ne vienne s’implanter dans la pente (qui chercherait les vues sur la vallée de la Dordogne).
Veiller à stopper l’urbanisation en vis-à-vis du site sur la rive droite (les enjeux de risque et les enjeux paysagers se superposent).

• Conclusion :
Perçu depuis la rive droite, le site s’impose dans le paysage par sa masse boisée, dont l’exposition nord renforce l’impression d’opacité et de densité. Perçu depuis le chemin, en haut de pente, sur la limite sud du périmètre, le site présente un autre visage. Les parcelles de vignes qui le bordent, apportent des espaces de respiration et des ouvertures qui dégagent des vues sur la vallée de la Dordogne. Le château Baby entouré de son parc, constitue un motif bâti et paysager qui anime l’extrémité est du site, et crée une sorte de pendant au Château de Picon, dans le site contigü, qui lui, au contraire, se perçoit sur le versant opposé.

Ressources