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FICHE | Site inscrit - SIN0000356 - Site de Lustrac
Procédure  Arrêté 14/05/1982
Arrêté d'inscription

Commune(s) d'Aquitaine
TREMONS  (47)
TRENTELS  (47)
Commune(s) hors Aquitaine
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Autre zone
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Critère
Site d'intérêt pittoresque

Statut de propriété

Type de site
Sites naturels - grands ensembles paysagers

Superficie: 18.46 hectares
 (superficie calculée par la méthode cartésienne sur la donnée géographique en projection légale Lambert 93)

Motivation de la protection

La demande de protection vient de la propriétaire du château Mme Rivoire.
« Situé au bord du Lot, le bourg de Lustrac se développe autour du château du même nom. Cette belle demeure comprend un ensemble de bâtiments formant une cour et regardant la rivière. Ses propriétaires actuels l’ont méthodiquement restaurée, lui rendant ainsi son lustre d’antan. A proximité un charmant moulin a lui aussi été restauré avec goût. Mais le site vaut aussi pour son cadre, que les falaises abruptes façonnées par le Lot, rendent particulièrement grandiose. Le contraste entre les deux rives est frappant : d’un côté un bourg paisible, de l’autre un ensemble naturel et sauvage. » (rapport du délégué régional à l’architecture et à l’environnement d’Aquitaine - non daté).

Etat actuel du site

• Environnement du site :
Lustrac est un hameau, presque à mi-chemin entre Penne et Fumel. Le site qui le protège se développe de part et d’autre de la rivière, soit sur deux communes, Trentels en rive droite, au nord, et Trémons en rive gauche, au sud.
Sur cette séquence de la vallée, les deux coteaux ne sont pas symétriques. En rive gauche, le profil est escarpé, le rocher affleure sous forme de falaise, alors que c’est une plaine fertile qui s’étend en rive droite.
L’environnement proche du site sur la commune de Trentels est donc très agricole. Les parcelles sont occupées par des cultures, prairies, vergers, alors que les pentes sur Trémons sont fortement boisées. Les hauts de coteaux (non visibles depuis le site) sont cultivés et plantés de vergers. Cette dissymétrie des rives est ponctuelle, les séquences de falaise sont courtes. Dès le site voisin de Moudoulens, à 600m environ à l’aval, en rive gauche, le pied de coteau s’éloigne du Lot et les cultures « reprennent du terrain ».
Le hameau de Lustrac accueille un stade ainsi qu’un camping équipé d’habitations légères de loisir. Une nouvelle maison a été construite, hors site, proche de la limite est. A proximité, il est possible d’exercer des activités de loisir telles que la pêche ou le canoë.
• Description du site :
Le site comprend l’ensemble bâti correspondant au château, au moulin fortifié, à une partie du hameau de Lustrac, une portion du Lot et les coteaux sud du Lot.
La limite nord-ouest est marquée par le ruisseau nommé la Tourte, dont le cours à cet endroit est ponctué de plusieurs cascades (rochers) qui créent un environnement sonore très plaisant. Le cœur du site est constitué par le château et le moulin fortifié. Le château organisé autour d’une cour orientée au sud, a été édifié sur une terrasse naturelle confortée par d’imposants murs de soutènement d’une élévation d’environ 6/7 m. Seules les frondaisons des arbres de la cour ou du jardin sont visibles depuis les quais.
Le moulin fortifié est également construit en rive droite du Lot. Il fut édifié vers 1296. Il est arrimé au bout d'une large levée en déversoir, en ligne brisée, coupant la rivière sur une diagonale de plus de 100 m. La digue barrage forçait les bateaux à passer entre le moulin et le château du seigneur du lieu moyennant le paiement d’un « péage ».
Le moulin servit à la mouture des grains, soutenu par la navigabilité du Lot, jusqu'à sa conversion en 1930 en centrale hydroélectrique.
Au début des années 2000, les dispositifs de passage des bateaux étaient obsolètes. Or la navigation sur le Lot était un projet touristique porté par le département. Aussi, des travaux d’aménagement et la pose de nouvelles portes pour l’écluse ont été réalisés en 2006/2007. Après cette lourde opération de rénovation, le bief de Lustrac a été ouvert de nouveau à la navigation de plaisance.
La remise en service de l’écluse de Lustrac a permis de prolonger de 7 km la voie d’eau navigable, permettant ainsi de proposer des croisières fluviales d’une semaine. Lors des travaux d’aménagements de l’écluse, les façades du moulin ont été remaniées en accord avec la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). Entre le pied du mur du château, et le bief, l’espace a été dégagé de végétation. Les quais de l’ouvrage ont été restaurés avec des couronnements en pierre et une largeur de calade. A l’aval du moulin, l’espace dégagé qui permet la mise à l’eau d’embarcation a été traitée en béton désactivé avec des bandes structurantes en pavés. . Si le choix du matériau est satisfaisant, et permet probablement un lavage facile après la montée des eaux, on peut regretter la trop grande surface imperméabilisée et minéralisée qui altère le charme du lieu.
La chaussée crée de fort remous dans le Lot et crée un bruit de chute d’eau. Des travaux de génie végétal ont été mis en œuvre en rive droite (fascines, boudins de coco plantés de saules, …) ; plantation de frênes, cerisiers, aulnes, … entre la rive et le chemin sur le haut de la berge se dirigeant vers le camping. Un ponton pour la pêche a été installé.
Les coteaux de la rive gauche s’apparentent plus à des falaises où la roche affleure, les boisements ont colonisé les pentes moins fortes. Des blocs semblent s’être récemment décrochés de la falaise.
Les habitations composant le hameau de Lustrac ne présentent pas d’homogénéité. Certaines apparaissent comme anciennes par exemple avec des traces de murs en pisé, d’autres beaucoup plus récentes. Elles ont toutes un fort accompagnement végétal (beaux rosiers qui amènent de la qualité au site, mur de laurières qui banalise le lieu…)
• Etat actuel du site :
Le moulin, l’écluse et ses abords ont été récemment restaurés. Les aménagements de maintien des berges sont de très bonne qualité.
Le château avait été progressivement restauré par les propriétaires depuis l’achat dans les années 1980
Les haies de laurières sont très importantes à l’entrée ouest du site. Elles engoncent la route, masquent les vues et banalisent le site : impression de lotissement alors que l’on se trouve dans un espace rural à quelques mètres de la rivière du Lot.
Une maison neuve a été construite en limite, hors site à l’est, après le virage. C’est un brusque retour « aux temps modernes » au sortir du site. Il est vrai qu’elle est récente, ne dispose que de jeunes plantations et que la parcelle est clôturée par un grillage.

Enjeux et préconisations

Enjeux
L’ensemble de Lustrac est un site de charme, tant sur le plan architectural (château, moulin, dépendances, et habitations), que sur le plan paysager. Le dialogue entre les éléments bâtis et les éléments naturels (Lot, falaise, boisements, rives…) est remarquable. C’est un très beau motif sur le parcours de navigabilité du Lot. Et même si on n’a pas la chance de naviguer, faire une halte piétonne en rive du Lot à Lustrac reste agréable.
Des améliorations sont tout de même à mener sur les haies végétales de certaines parcelles.

Préconisation
Si les éléments patrimoniaux sont de belle qualité, il n’en va pas de même des maisons du hameau dont l’aspect est hétérogène. Un cahier de gestion dont l’objectif serait d’homogénéiser les restaurations, les plantations, les portails, etc… permettrait de retrouver une unité ; Il ne s’agit pas de muséifier ce petit quartier mais de lui redonner un aspect plus rural. Ce cahier pourrait servir aux maisons neuves dans le choix de leurs clôtures et de leurs plantations. Si ce n’est pas un cahier à part, le document d’urbanisme pourrait intégrer un règlement spécifique qui poursuivrait ce même objectif. En attendant, promouvoir les haies champêtres au lieu des haies de laurières taillées.
Visite de terrain en mai 2010

Ressources