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FICHE | Site inscrit - SIN0000335 - Eglise et cimetière de Saint-Pierre d'Orival
Procédure  Arrêté 28/12/1951
Arrêté d'inscription

Commune(s) d'Aquitaine
LAROQUE-TIMBAUT  (47)
Commune(s) hors Aquitaine
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Autre zone
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Critère
Site d'intérêt pittoresque

Statut de propriété

Type de site
Autre patrimoine bâti isolé : maisons fortes, église, abbaye, moulin

Superficie: 0.1 hectare
 (superficie calculée par la méthode cartésienne sur la donnée géographique en projection légale Lambert 93)

Motivation de la protection

« Cette petite chapelle perdue au milieu des prés, entourée d’un petit cimetière est un édifice en ruine, mais plein de charme. Bâtie au XII eme siècle par les Templiers, cette chapelle n’a plus de voûtes et a perdu la moitié de sa toiture. Le clocher mur de la façade occidentale est très fruste. L’abside n’a plus de voûte mais cependant un bandeau décoré de damiers marque le départ de la voûte effondrée.
L’arc triomphal repose sur deux colonnes engagées dont les bases sont moulurées et les chapiteaux intéressants quoique frustes.
Le porche s’ouvre à l’extrémité occidentale de la façade Sud sous un auvent, c’est un simple arc brisé orné d’un tore.
L’abside extérieure, une corniche en damiers est supportée par des corbeaux sculptés. Entourée de cyprès dans le petit cimetière abandonné, cette église constitue au fond de la vallée un site délicieux qu’on peut voir des routes avoisinantes.
{…} Cependant, cette petite église court à l’heure actuelle un danger certain. Les américains construisant dans les Landes des camps d’aviation, ont besoin de pierres pour leurs pistes d’envol. Toutes les communes du Lot-et-Garonne rêvent de vendre des pierres aux américains. {…}
Il faudrait donc inscrire l’église de Saint-Pierre sur l’inventaire supplémentaire des sites. Cette église continuera à se démolir toute seule, mais avant qu’elle ait totalement disparu, nous aurons sauvé pour un certain temps ses restes vénérables de la démolition. Cette chapelle ne fait courir aucun risque à personne car il n’y a pas d’habitation autour. » (J Houlet – Conservateur des Monuments Historiques – 1951)

Etat actuel du site

• Environnement du site :
Le site se trouve dans la vallée du ruisseau de Laroque, entre le village de Laroque-Timbaut implanté en rebord de plateau et le village de Bajamont situé dans la vallée (chemin de Saint Amant à Laroque). C’est une vallée relativement étroite. Le paysage est fermé. Les pieds de versants sont distants d’à peine 200m. Le versant exposé sud-est de la serre qui borde la vallée côté nord présente une pente raide continue alors que le versant opposé est plus doux et vallonné. L’église est implantée en pied de versant exposé sud-est, le plus pentu. La vallée est sillonnée par une route qui se trouve au nord du ruisseau. L’église est donc séparée du ruisseau par la route. Une voie ferrée circule également dans la vallée, en contre-haut de l’église, elle est établie à la jonction entre le pied du versant et le début de la vallée.
Desservie par la route, des maisons ont été construites, dans la vallée, en chapelet discontinu.
Le versant sur lequel est établie l’église est en partie ouvert par de la prairie et présente des cordons boisés en travers de la pente. Les parcelles les plus proches de l’église sont des prairies de fauche.

• Description du site :
Le périmètre protège l’église et l’enclos exclusivement. Les parcelles aux abords jusqu’à la route ne sont pas incluses.
L’église est bâtie sur une plate-forme, entourée de murs. Les murs sud servent de soutènement, ils sont en partie éboulés. Le reste des murs constitue l’enclos, ils présentent une élévation d’environ 1m. Dans les parties détruites, des arbres et arbustes se développent. Côté sud, en pied de talus, deux noyers semblent prospérer.
L’accès à la plate-forme, et donc à l’enclos, s’effectue par une pente forte, goudronnée, sans accotements, ni bordures, avec des terrassements sans nuance, disgracieux. Deux souches d’ifs sont visibles de part et d’autre de l’entrée. Au niveau du passage dans l’enclos, il reste quelques marches. Il est possible de stationner dans l’herbe, en contre-bas de la plate-forme.
Le devant de l’église est goudronné, le reste de la plate-forme est enherbé. On retrouve à l’entrée de grosses pierres (anciennes sépultures ?).
Pas de trace du cimetière.
L’église est un volume simple, nef unique se terminant par un chevet en hémicycle, construit en pierres calcaire de couleur claire. L’entrée est surmontée d’un clocher-mur percé de deux arcades. Le bandeau du chevet est décoré de damiers et de modillons variés (animaux, têtes humaines, …).

• Etat actuel du site :
L’église a été restaurée, et la description des ruines dans la note de 1951 n’a plus de réalité. Par contre, l’enclos a triste mine et les bords les plus proches sont sans qualité.
Les murs sont effondrés, le goudron n’a pas sa place dans ce lieu de charme

Enjeux et préconisations

Enjeux
Le site est de qualité tant par l’architecture restaurée de l’église de Saint-Pierre d’Orival que par la présence de l’enclos « suspendu » et des prairies dégagées. C’est un charmant motif dans le paysage de la vallée du ruisseau de Laroque. Mais deux efforts sont à mettre en œuvre : d’une part, la restauration de l’enclos, de ses murs, et l’amélioration des abords proches, d’autre part, une limitation des extensions bâties et la conversion progressive des haies mono spécifiques en haies champêtres. Des restaurations et notamment celle des murs de soutènement restent à mener.
Préconisations
- Etendre le site en incluant les parcelles agricoles autour de l’église jusqu’au pied de coteau ou chercher un relais dans le document d’urbanisme en prévoyant un zonage adapté pour la protection des paysages naturels, agricoles et forestiers faisant partie du site ou contribuant à la qualité de ses abords.
- Conserver ces parcelles agricoles ouvertes.
- Ne pas laisser de nouvelles maisons se bâtir plus près que celles déjà en place et interdire toute urbanisation au nord de la route.
- Faire un projet de traitement des abords de l’église et de voie d’accès et arracher les végétaux qui accélèrent la détérioration des maçonneries. Remonter et consolider les murs de soutènement et les murs de l’enclos. Replanter les ifs qui marquaient l’entrée. Enlever les blocs et les bouts de ferrailles qui brouillent le site. Il ne s’agit pas de jardiner le tour de l’église mais de retrouver de la douceur et redonner du charme en pied de cet édifice restauré.
- Travailler sur les abords des maisons pour un caractère plus rural (supprimer les conifères et promouvoir les haies champêtres).

Visite de terrain en mars 2010

Ressources