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FICHE | Site inscrit - SIN0000331 - Village (FRESPECH)
Procédure  Arrêté 11/07/1942
Arrêté d'inscription

Commune(s) d'Aquitaine
FRESPECH  (47)
Commune(s) hors Aquitaine
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Autre zone
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Critère
Site d'intérêt pittoresque

Statut de propriété

Type de site
Bourgs, centres anciens, bastide, patrimoine urbain

Superficie: 1.12 hectare
 (superficie calculée par la méthode cartésienne sur la donnée géographique en projection légale Lambert 93)

Motivation de la protection

« Ce tout petit village est situé sur un plateau, et a gardé un aspect du Moyen-âge, très pittoresque. L’église est très ancienne, style roman, la voûte du chœur est en pierre et non recouverte d’une toiture. Derrière l’église, quelques vieilles maisons, deux vieilles portes et des ruines couvertes de lierres et de ronces. Le tout très intéressant et méritant d’être conservé.
Une partie du site est en état, l’église, les maisons élevées sur les parcelles 41-42-43-44-45-46, ce sont celles offrant un pur caractère médiéval aussi, si elles devaient subir des réparations, il conviendrait que ces dernières fussent effectuées dans le même esprit. Pour les autres, vieilles maisons de pierres sans intérêt, il suffirait que l’on y laisse la brique, la tuile mécanique, les couleurs voyantes. Pour le reste du site, ce ne sont qu’un amas de ruines qu’il conviendrait de débroussailler un peu. Eviter également l’affichage à l’intérieur du périmètre. » (Extrait du rapport d’inspection – 1942)

Etat actuel du site

• Environnement du site :
Le village est implanté sur une serre étroite (relief allongé, étroit entouré de fortes dépressions) orientée nord-est/sud-ouest. L’extrémité nord de la serre est occupée par un moulin et une ferme. Le village est plus au sud, en bordure est. Les pentes du versant est sont fortes, elles sont en majorité boisées et courent vers le fond de vallée d’un petit affluent de la Tancanne. A l’ouest et au sud, les terrains sont plus plats et exploités par l’agriculture, principalement de grandes cultures (mais, tournesol). De ce fait, l’environnement proche du village est ouvert. Et comme souvent, en pays de serres, les vallons et talwegs ne sont pas perçus. Le regard « saute » de serre en serre, ignorant les paysages en creux.
Le village se caractérise par une forme compacte, assez arrondie. Les extensions urbaines sont au sud du village, une césure a été respectée de quelques deux cents mètres pour éviter les co-visibilités. Au nord, il est intéressant de noter la présence de maisons traditionnelles hors site. Comme à l’accoutumée, en campagne, ces maisons sont entourées de jardins qui ont gardé un caractère rural, ils ne sont pas clos et laissent la vue sur le village. Elles bordent une petite voie communale qui permet de faire le tour du village. Ces qualités paysagères, simples mais importantes pour l’atmosphère générale du site sont extrêmement fragiles. Il ne dépend que d’un propriétaire pour fermer avec des laurières, bâtir une clôture, etc…, et changer le paysage de l’espace public. D’une petite voie de campagne, on passe facilement à une rue de lotissement, sans crier gare…
L’étymologie du site « hauteur fortifiée par des palissades » d’après « Le Petit futé Lot-et-Garonne 2009-2010 » (Nouvelles Editions de l’Université, Paris, 2009, 264 p. ; p.135)

• Description du site :
Le site épouse le noyau fortifié du village médiéval, en suivant non le tracé de l’enceinte mais les parcelles au devant qui correspondaient sans doute aux fossés. Sont inclus dans le site également le cimetière et au sud, la place publique Alfred Planchamp.
Le cœur du village est pittoresque. Les éléments de patrimoine sont nombreux. Il reste le château, dont l’origine remonte au XIIIème siècle, deux portes qui permettaient de pénétrer dans l’enceinte et l’église Notre-Dame. C’est un édifice roman, simple et dépouillé du XIIème siècle qui se compose d’une nef flanquée d’un étroit bas-côté au nord et prolongée par une abside en hémicycle, couverte en pierre. Le rapport d’échelle entre les volumes bâtis et la taille du village, doublé de cette forte présence du calcaire blanc qui constitue les maçonneries confèrent à ce village une atmosphère particulière, donnant l’impression de déambuler « dans la pierre ». Certaines maisons sont également intéressantes. Deux d’entre elles ont été étudiées par le Service Général de l’Inventaire (Françoise Zanesse), dont l’une qui daterait certainement du 16ème siècle, remaniée au 18ème et restaurée dans les années 1970. Le rez-de-chaussée et les murs latéraux sont en pierre. L’élévation de l’étage est en pan de bois dont le remplissage est enduit, encorbellement sur solives et fenêtre en arc segmentaire. Sont consultables en ligne ces dossiers du Service Général de l’Inventaire qui ont conduit des investigations sur le canton de Penne, et donc la commune de Frespech.

Il y a de forts beaux arbres dans le site, notamment à l’ouest, dont un gros if à l’entrée du cimetière ainsi qu’un énorme chêne, également dans le cimetière, en bordure nord-est (limite de site hors site). Un arbre de Judée de beau diamètre se trouve en face de l’if au sud et un grand noyer se dresse sur la place du château au cœur du village.
Les espaces enherbés sont importants dans le site et notamment sur la place du château. Ce sol en herbe contribue au caractère des lieux, il doit être préservé et maintenu. Il est dommage qu’en hiver (visite effectuée en mars), une terrasse en bois de grande superficie reste déployée sur la place du château (en face du restaurant la Taulejada) alors qu’il n’y en a pas l’usage à cette saison.
Le centre de la place Alfred Planchamp accueille le monument aux morts. Excepté ce monument dans la tradition française avec son socle, sa grille et sa stèle, l’espace est très pauvre, traité en enrobé noir avec les places de stationnement en peinture blanche ; quelques petites jardinières. C’est assez désolant, alors que cette place est en léger balcon par rapport au vallon latéral, elle donne sur une propriété privée, qui laisse voir son jardin. C’est la première vision sur le village, c’est très sévère. Un ou deux arbres, sans réduire considérablement les surfaces disponibles auraient rendu un peu de douceur et apporté de l’ombre.

• Etat actuel du site :
Le patrimoine monumental est en bon état, également la plupart des maisons. On ne trouve plus beaucoup de « ruines couvertes de lierre ». Le château n’est pas entièrement restauré mais les grimpantes ont été coupées.
L’espace dédié au stationnement est banalisant, il a un aspect routier, de même que la rue à l’intérieur de l’enceinte. Malgré la présence de surfaces enherbées, et le paysage alentour, les espaces publics du village manquent de charme.
Alignement de plusieurs panneaux et affiches à l’entrée sud du site, à proximité de la zone de stationnement (panneau de randonnée, musée du foie gras et restaurant).
Le mobilier urbain est très vieillot (notamment la corbeille à l’entrée sud).

Enjeux et préconisations

C’est un joli cœur de village ramassé autour de son église et son château et protégé par son enceinte. Le lieu a beaucoup de charme et un environnement agricole ouvert de qualité. Reste à améliorer les espaces publics, estomper le caractère routier pour laisser la part belle au caractère pittoresque et rural du site. Une extension de site serait à étudier.

- Engager un projet de valorisation des espaces publics intérieurs et de la place Alfred Planchamp. A l’intérieur de l’enceinte Il faut un projet simple, avec peu de matériaux, une voirie étroite, des surfaces enherbées. Sur la place extérieure, il faudrait planter un ou deux arbres a minima.
- Comme signalé dans la description de l’environnement du site, la qualité des jardins au nord, contribue à la qualité de visite du site. De même à l’ouest, parcelles agricoles et alignement de fruitiers. Etendre le périmètre protégé pour intégrer ces motifs et cet environnement qualitatif ?
- Dès maintenant prévoir dans le document d’urbanisme de la commune un zonage adapté pour la protection des paysages naturels, agricoles et forestiers, ainsi que des parcs et jardins, faisant partie du site ou contribuant à la qualité de ses abords, et limiter les extensions en tenant compte des co-visibilités.

Terrain et rédaction 2010

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