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FICHE | Site inscrit - SIN0000324 - Quartier des Cornières
Procédure  Arrêté 08/12/1971
Arrêté d'inscription

Commune(s) d'Aquitaine
AGEN  (47)
Commune(s) hors Aquitaine
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Autre zone
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Critère
Site d'intérêt historique et pittoresque

Statut de propriété

Type de site
Bourgs, centres anciens, bastide, patrimoine urbain

Superficie: 2.53 hectares
 (superficie calculée par la méthode cartésienne sur la donnée géographique en projection légale Lambert 93)

Motivation de la protection

L’ensemble formé par le quartier des Cornières date des XII et XIIIe siècle. Le quartier était très animé au XIXe, sous les Cornières se déroulait le marché.
« Il s'agit de protéger, puis de faire revivre, d'une heureuse façon, un ensemble pittoresque qui a beaucoup de caractère. Il constitue la partie la plus intéressante du vieil Agen ». (extrait du rapport de monsieur Rougier, Inspecteur Régional des Sites - 1971).

Le site « quartier des Cornières » est englobé dans celui du Cœur de ville d'Agen, site inscrit le 5 novembre 1975.
" La notion de « cœur de ville » qui a été retenue porte sur toute la zone comprise dans les anciens remparts. Il s’agit d’une partie de la ville qui présente le plus d’intérêt par la qualité architecturale de ses immeubles et hôtels particuliers, les maisons les plus banales présentant des éléments forts remarquables, tels des pans de bois. Des placettes, des ruelles typiques apportent une grande variété dans un ensemble qui a, indiscutablement une certaine unité et qui disparaîtrait si des immeubles modernes, telle le tour qui a récemment apparu, se répétaient. L’inscription est parfaitement justifiée " (extrait rapport de l’Inspecteur régional des Sites – 1975).

Etat actuel du site

Environnement du site
La ville d'Agen s'est développée dans la vallée de la Garonne, au niveau d'un coude du fleuve. Les coteaux qui bordent la vallée au nord (l'Ermitage, Monbran...) et au sud (les chutes des coteaux de Gascogne) jouent un rôle majeur comme fond de scène du paysage de la cité.

La ZPPAUP d’Agen du 10 juin 2004 a englobé la presque totalité du site de cœur de ville, sauf un petit quartier au nord-est, ainsi que le site inscrit du Gravier (voir fiche n°45), ce qui suspend les effets de la protection au titre des sites durant toute sa période de validité. Des travaux sont en cours de réalisation.

Cette ZPPAUP protège aussi 2 autres secteurs importants dans le paysage patrimonial et urbain d'Agen :

- les versants du coteau de l'Ermitage qui domine la ville au nord. Le plateau porte sur 50 ha les vestiges de l'oppidum gaulois initial, non mis en valeur (et hors ZPPAUP). Le versant calcaire est percé de grottes et d'habitats troglodytiques qui ont servi notamment à un ermite au moyen age (d'où le nom du coteau). La ZPPAUP protège l'effet de crête naturelle (zone PU3) , ainsi que le versant (Zone PU2), fond de scène de la cité, dégradé par le mitage urbain, où la dimension végétale est à affirmer.

- le canal de Garonne, qui longe le pied de ce côteau: c'est la zone PU4, dont l'image historique et touristique doit être préservée en maitrisant la qualité des abords du canal (ouvrages, espaces publics, plantations)

Plusieurs autres Sites Inscrits protègent des éléments du paysage de l'agglomération agenaise.

Description du site
Le site englobe l'ensemble de la ville médiévale, sur le périmètre de sa grande enceinte des XII° et XIV° siècle. Ce périmètre correspond également aux limites de la ville romaine Aginnum installée dans la plaine de la Garonne au IV° siècle avant notre aire.
Le tissu médiéval dont la structure de la ville actuelle a hérité, ainsi que les quartiers les plus pittoresques de la ville (Cornière et rue Beauville) a vu son bâti se moderniser aux époques ultérieures, dont on peut retenir les constructions les plus emblématiques suivantes :
- hôtels particuliers Renaissance au XV et XVI ° siècle (l'actuel musée d'Agen),
- hôtels particuliers au XVIII° siècle,
- aménagement du Gravier au XVII° puis au XVIII° siècle,
- couvents au XVII° siècle (actuel collège Chaumié, bâtiments de la Visitation -centre Malraux, séminaire lazariste, actuel lycée de Baudre),
- hôtels particuliers au XVIII° siècle.
Le XVII° voit également un fait marquant dans la ville avec la démolition de l'ancienne cathédrale St Étienne, qui faute d’entretien tombait en ruine. Des halles Baltard lui ont succédé, elles-mêmes démolies faute d’entretien un siècle plus tard et remplacées par un parking sur plusieurs niveau au dessus d'un marché couvert.

Puis au cours des XIX° et XX° siècles, la ville s'aménage et s’équipe, les avenues (appelées Cours ou Boulevards) s'implantent sur le trace des fossés des remparts, ces derniers étant démolis, les boulevards Haussmanniens sont percés (République d'Est en Ouest et Carnot Nord-Sud) le train puis le canal desservent la ville et la relient par vapeur à Bordeaux et à Toulouse, puis un siècle plus tard, par l’autoroute.

La ville préfecture reçoit l'ensemble des équipements liés au fonctionnement des services administratifs et de rayonnement départemental, doublé de constructions devenues nécessaires pour le public (écoles, collèges, stadium,...).

Ces constructions réalisées sur le site de la ville ancienne (la ville ayant très peu de faubourg) marquent profondément son image actuelle et 'l'ambiance de la ville.

Etat actuel du site
Depuis l'inscription en 1975, la ville ancienne a fait l'objet de campagnes de restauration successives. Le nombre de logements vacants ou insalubres reste néanmoins une difficulté que les aides publiques n'arrivent pas à résorber. Ce éta de fait n'est pas sans conséquence sur l'entretien des immeubles et la vie du centre ville. La tendance à une ville spécialisée dans le commerce à la personne (banque, habillement, assurance,...) se renforce d'année en année. Les monuments et espaces publics font l'objet de campagnes de restauration et d'aménagements, qui ne couvrent pas l'ensemble des besoins.
Par ailleurs, un certain nombre de réalisations regrettables n'ont pas amélioré le paysage urbain : immeuble-parking à la place du marché, bâtiment de la chambre de commerce et d'industrie et commissariat sur le Gravier, CAF place du Pin, logements face à la poste Boulevard Carnot,.quartier des tanneries...)

Enjeux et préconisations

Enjeux
Capitale départementale d’environ 30 000 habitants, bientôt desservie par une nouvelle ligne TGV, la ville d'Agen est en pleine expansion. Ce développement doit se faire dans le respect et la mise en valeur de son cadre paysager, et de son patrimoine architectural remarquable.

Préconisations
- réviser la ZPPAUP en AVAP avant la date d'échéance (juillet 2015 - cf loi n°2010-788 du 1 2 juillet 2010 portant engagement national pour l 'environnement)
- mettre en oeuvre les prescriptions de la ZPPAUP*
- étendre l'AVAP pour inclure des zones paysagères ou historiques importantes : 2 rives du fleuve, oppidum de l'Ermitage (et mise en valeur des vestiges antiques), entrées de ville, etc...
- protéger les paysages des coteaux au nord et au sud d'Agen, ainsi que le canal de Garonne (classements au titre des sites actuellement à l'étude)
avril 2011

Ressources