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FICHE | Site inscrit - SIN0000320 - Abords de l'église Sainte-Radegonde
Procédure  Arrêté 15/06/1942


Commune(s) d'Aquitaine
BON-ENCONTRE  (47)
Commune(s) hors Aquitaine
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Autre zone
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Critère
Site d'intérêt pittoresque

Statut de propriété

Type de site
Autre patrimoine bâti isolé : maisons fortes, église, abbaye, moulin

Superficie: 1.84 hectare
 (superficie calculée par la méthode cartésienne sur la donnée géographique en projection légale Lambert 93)

Motivation de la protection

« Sur la commune de Bon-Encontre, canton d’Agen, se trouve la petite église de Ste-Radegonde, classée sur la liste des M.H. le 3 septembre 1912. Outre son intérêt architectural très évident, indépendamment de sa valeur traditionnelle et religieuse (l’église est un centre de pèlerinage très fréquenté), Sainte-Radegonde constitue un site qu’il importe de sauvegarder. La présence d’un cimetière campagnard autour de l’église, la solitude du lieu, militent en faveur d’une mesure d’inscription à l’Inventaire des sites. Il conviendrait en outre que pour les mausolées à édifier dans le cimetière, les plans en élévation de ceux-ci soient soumis à la commission départementale des sites de Lot-et Garonne pour avis, et ce afin de ne pas rompre l’harmonie de ce site» (Extrait du rapport d’inscription datant du 15/06/1942, A.Denis, M. de Gorsse).

Etat actuel du site

• Environnement du site :
Le site se trouve au sud-est d’Agen, dans un environnement urbanisé : les versants exposés sud ont été gagnés par des quartiers pavillonnaires et la vallée plate de la Garonne a été colonisée, par des zones artisanales et commerciales. Le canal latéral dont le tracé suit à distance le pied de coteau est englobé dans ce tissu urbain composite, à moins de 400m de Sainte-Radegonde. Le site, bien que modeste en superficie semble un « oasis » champêtre dans ce contexte périurbain. Le périmètre englobe l’église, le cimetière et quelques morceaux de parcelle.
Au nord, de larges ourlets boisés épousent les hauts de pente (présence d’affleurements calcaire).
L’église de Sainte Radegonde semble émerger au milieu des vergers de prunier. Un pigeonnier restauré et habité se trouve à la jonction du verger et du boisement. Il participe pleinement à « l’effet carte postale » de l’église. Le chemin d’accès au pigeonnier donne à voir les vergers, l’église et la vallée urbanisée de la Garonne.

• Description du site :
Le site englobe l’église et des « morceaux » de parcelles : une partie de son cimetière actuel, une ancienne ferme et une maison en pierre, une partie d’un verger et une partie d’une prairie en fond de vallée. L’église et son cimetière apparaissent dans un environnement rural et paisible malgré la proximité des zones bâties.
La silhouette claire, élancée et sobre de Sainte-Radegonde se détache sur cette toile de fond agreste et semble veiller sur l’entrée du vallon.
Le carrefour à l’extrémité sud du site est complexe.
C’est une allée bordée de platanes qui, depuis ce carrefour, conduit le visiteur jusqu’à l’église et au cimetière. Cette arrivée sous couvert végétal est qualitative et contribue à « effacer » l’environnement péri-urbain que l’on vient de traverser. Une aire de stationnement libre et goudronnée a été aménagée au sud du cimetière et plantée d’un alignement de dix chênes d’Amérique qui donne de l’ombrage aux véhicules.
A l’est de l’accès, il y a une grande parcelle fauchée, limitée par un ruisseau à la ripisylve qui forme une barrière visuelle depuis la route du fond de vallée et l’église isolée de la route, du passage des véhicules et des maisons.
L’église est un édifice roman fortifié, construit au XIème siècle. Elle est entourée par le cimetière clos de murs. Un chemin en dalle de calcaire conduit jusqu’au portail de l’église. Il est bordé à l’ouest par un grand if.
Le cimetière en partie inclus dans le site comporte les signes d’extensions successives. On note la présence de l’ancien mur d’enclos sur lequel s’appuie la protection du site, à l’intérieur duquel les tombes sont anciennes et particulièrement élevées.
Un chêne centenaire s’élève avec majesté entre le chevet de l’église et l’ancien mur. C’est au pied de l’arbre que se trouve le jardin du souvenir. A l’est de cet espace a été construit un colombarium (structure en bois sur dalle bétonnée).

• Etat actuel du site :
Le rapport de protection mentionne en premier lieu l’intérêt architectural de l’église. Celle-ci a fait l’objet très récemment de restaurations (inauguration juin 2010), elle est en très bon état.
Le cimetière semble avoir plus que doublé depuis la protection en site. Son aspect « campagnard » mentionné dans le rapport ne perdure que dans la partie ancienne (fort contraste).
Un bâtiment présent sur le cadastre datant de la protection ainsi que sur le cadastre napoléonien et situé à l’est du site n’existe plus aujourd’hui. A l’inverse, des extensions ont été réalisées au niveau de la ferme, au sud de l’église. Le réseau viaire a subi depuis la protection des modifications.
Le rapport de protection du site évoque la « solitude du lieu ». Depuis 1942, l’environnement du site a profondément évolué. La tâche urbaine de l’agglomération s’est étendue. Pourtant le site conserve un caractère rural et préservé du fait la présence des vergers, du pigeonnier, des hauts coteaux boisés et de leurs affleurements, des parcelles ouvertes du fond de vallée. Et cela sur une superficie bien supérieure au périmètre protégé.

Enjeux et préconisations

Autrefois protégé pour son caractère isolé et « campagnard », le site de Sainte-Radegonde se trouve aujourd’hui dans un secteur gagné par l’urbanisation. Cependant, il a conservé un environnement champêtre miraculeusement préservé. Il se présente comme un beau motif d’architecture romane dans un morceau de campagne traditionnelle avec la prairie en bas de pente, le verger sur coteau sud, le pigeonnier, l’ourlet boisé... Depuis le site, l’écrin végétal isole du contexte périurbain et le charme s’opère…
Il est urgent de renforcer la protection jusqu’aux limites actuelles de l’urbanisation pour pérenniser cet équilibre.

- Etendre le site pour inclure la totalité du cimetière, des parcelles en vergers, la prairie de fauche et le haut des coteaux boisés.
- En attendant, prévoir dans le document d’urbanisme de la commune un zonage adapté pour la protection forte de cette église et pour contribuer à la qualité de ses abords,
- En terme de gestion, veiller au maintien du verger et au maintien de l’ouverture des abords de l’église (éviter les plantations de peupliers, constructions… qui viendraient banaliser le site)
- Eviter toute nouvelle construction (hors équipement public de qualité qui participerait à la mise en valeur du site ou du monument historique)
- Maintenir et entretenir la ripisylve qui crée un écran végétal entre la prairie en site et la route du vallon.
Rédaction juillet 2010

Ressources