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FICHE | Site inscrit - SIN0000202 - Château de Ruat, parc et dépendances
Procédure  Arrêté 01/06/1943
Arrêté d'inscription

Commune(s) d'Aquitaine
LE TEICH  (33)
Commune(s) hors Aquitaine
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Autre zone
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Critère
Site d'intérêt pittoresque

Statut de propriété

Type de site
Château, parc et jardin, domaine, allée d'arbres, square

Superficie: 15.73 hectares
 (superficie calculée par la méthode cartésienne sur la donnée géographique en projection légale Lambert 93)

Motivation de la protection

La protection de ce site a été proposée pour la "beauté de son parc", et intégré à un ensemble de demande de protection datant de 1941 et 1942, consistant à protéger "la bordure forestière du Bassin d'Arcachon". (Extrait du rapport de demande de protection - 22 sept 1942).

• Environnement du site :
Le château de Ruat est situé sur la commune du Teich,au sud du bassin d’Arcachon, à l’ouest de l’embouchure de l’Eyre. Entre la RD 650 et la voie ferrée qui longent le bord du bassin, on constate une urbanisation continue de centre bourg en centre bourg. Au niveau du château du Ruat, c’est une respiration « verte » qui est perceptible. Au sud de la route départementale, en vis à vis du château, il reste des terrains non bâtis, de même, latéralement, tant à l’est qu’à l’ouest, on trouve encore des prairies et des bois. Au nord, le parc se prolonge par la réserve ornithologique du Teich, il n’y a pas d’urbanisation entre le site inscrit et le bassin d’Arcachon. La pression est sensible dans cet environnement, qu’il s’agisse d’étendre les tâches urbaines ou d’équiper les lieux pour l’activité touristique.

Etat actuel du site

Le site correspond à une sorte de trapèze, dont la limite s’appuie à l’ouest sur le lit d’un ruisseau très modeste, au nord sur un chemin, à l’est sur une structure végétale relictuelle et au sud sur la route départementale. Le périmètre est construit par rapport à l’axe perspectif depuis le château vers le bassin (150 à 200m de part et d’autre de cet axe perspectif), mais le château ne se trouve pas au centre de cette perspective, il est implanté à environ 100m de la limite sud. C’est un logis de plan rectangulaire, avec une petite aile en retour côté ouest, flanqué de différentes tours aux angles. Il comprend deux niveaux, une toiture élevée couverte en ardoises. Le propriétaire a signalé d’importantes fissures qui gênent l’ouverture et la fermeture des fenêtres, sur la façade sud, côté est. Le château est précédé au sud par deux ailes de communs imposantes. Ce sont des bâtiments simples, sobres, avec un enduit ocre/jaune, d’une hauteur ordinaire (R+1), couvert en tuiles canal, mais dont la longueur est importante, environ 50m. L’espace de cour généré par ces deux bâtiments perpendiculaires par rapport à la façade du château accueille un double alignement de platanes majestueux, « hors d’échelle » par rapport au château. Au contact avec la route départementale, dans l’axe, le parc est relativement ouvert sur l’extérieur, le portail et les grilles attenantes proposent une large fenêtre de vue, qui interrompt le mur de clôture en bordure de route départementale. La transparence est estompée par le propriétaire au moyen de plantations, pour s’isoler de la route. Cette entrée principale n’est plus utilisée, c’est l’entrée latérale qui est d’usage. Elle se signale par deux piliers en pierre construits à l’angle sud-est de la propriété. Une allée courbe circulant sous de grands arbres conduit tranquillement au château. Un bâtiment a été construit non loin de cette entrée pour loger le gardien. Actuellement, le parc comprend des espaces ouverts, en prairie pâturée par des vaches pour la plupart, et des espaces couverts, boisements à dominante de chênes, dont la garenne à l’ouest de la perspective. Dans cette partie boisée, il y a quelques allées, mais il est difficile d’en saisir le tracé. A l’est du château, il reste une séquence courte d’allée plantée de platanes, bien moins âgés que ceux de la cour. A noter également quelques sujets d’essence exotique, comme une cépée de liquidambar au nord-est du château. Malgré l’agrément que constitue une promenade conduisant de la garenne aux prairies, en passant par des allées, sur le site, sans être instruit préalablement, il devient difficile de repérer un reste de composition spatiale, on a l’impression de traverser un morceau de campagne, ce qui reste exceptionnel aux abords du bassin d’Arcachon.
Pourtant, en superposant la photographie aérienne et la photocopie d’un extrait de plan (de 1760 d’après le propriétaire), on note quelques tracés qui se superposent encore. Il est probable que ce plan projet très sophistiqué n’ait pas été réalisé, mais qu’il s’appuyait sur un parc plus ancien encore en place à la fin du XVIII ème siècle. L’élément à regretter est la perte de la perspective axiale qui se poursuivait jusqu’en rive du bassin. Même si le parc ornithologique est un voisinage prestigieux, perdre l’accroche visuelle avec le bassin est, en terme de paysage, regrettable. La permanence de certains tracés jusqu’à aujourd’hui, incite à prendre en compte cette dimension esthétique historique, devenue évanescente sur le terrain.

• Etat actuel du site :
Le site est entretenu comme un forestier le fait de ses bois, et de ses arbres. La culture familiale du propriétaire est liée à l’exploitation forestière depuis plusieurs générations. Il y a des abattages, beaucoup de stocks de bois visibles à l’arrière du commun ouest, la garenne ayant été endommagée par les différentes tempêtes. Mais le site n’est pas entretenu comme un parc ; même si le caractère champêtre doit dominer, même si les vaches peuvent et doivent rester, il manque un entretien plus attentif aux abords du château, de l’allée, etc….

Enjeux et préconisations

- Approfondir l’analyse par une étude paysagère et historique qui creuse la question des traces de composition spatiale
- Elaborer un cahier de gestion pour la garenne et les autres espaces plantés, de manière à engager un renouvellement et à mettre en place un entretien différencié
- Agrandir le périmètre protégé d’une part, en fonction des considérations paysagères – césure verte dans une urbanisation continue, d’autre part, en fonction des investigations historiques.

• Conclusion :
Le site présente deux qualités complémentaires. D’une part, c’est un morceau de campagne en bordure du bassin d’Arcachon, c’est exceptionnel dans cet environnement urbain à forte valeur touristique. D’autre part, il semble que le site porte encore les traces d’une composition régulière ancienne, qu’il conviendrait de préserver et révéler.
Le charme de ce parc est entier. Mais le parc de Ruat est fragile, il résisterait mal à un projet qui oublierait de prendre la mesure du lieu, son ancrage dans l’histoire et viendrait plaquer un projet paysager artificiel comme on le constate quelquefois.

Visite de terrain en septembre 2008

Ressources