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FICHE | Site inscrit - SIN0000169 - Site des Jetins
Procédure  Arrêté 22/03/1978
Arrêté d'inscription

Commune(s) d'Aquitaine
SAINT-PIERRE-D'AURILLAC  (33)
Commune(s) hors Aquitaine
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Autre zone
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Critère
Site d'intérêt pittoresque

Statut de propriété
Communal

Type de site
Bourgs, centres anciens, bastide, patrimoine urbain

Superficie: 12.46 hectares
 (superficie calculée par la méthode cartésienne sur la donnée géographique en projection légale Lambert 93)

Motivation de la protection

« Les rives de la Garonne de la commune de Saint-Pierre-d’Aurillac ont été remarquablement aménagées et ouvertes au public. Ce site naturel de qualité était menacé non seulement par l’affichage et la publicité mais aussi par des bâtiments provisoires. ». extrait du rapport de l’inspecteur régional des sites - 1977

Etat actuel du site

• Environnement du site :
Le site des Jetins se trouve en Moyenne Garonne, sur la rive gauche, au pied du village de Saint-Pierre-d’Aurillac. Le site s’étend en bordure du fleuve, à 500 mètres au sud du village traversé par la RD 813. Une large bande agricole sépare les parcelles bâties du site. Elle est composée de nombreuses parcelles supportant une variété importante d’exploitation : vergers, peupleraies, cultures et prairies. Le terrain est en pente douce jusqu’au site et sillonné par endroits de levées de terre, les mattes qui protégeaient le village contre les crues de Garonne.
A l’extrémité est du site, en bordure du fleuve, au nord de la route en rive, se trouve le hameau des Arrocs qui compte un remarquable ensemble bâti restauré, entouré de son parc qui a conservé entre autres de vieux cèdres.

• Description du site :
Le site s’étend sur la rive droite du fleuve, depuis la confluence entre le ruisseau de Siron et la rampe de mise à l’eau à quelques mètres du hameau des Arrocs. Ici encore, les marées de l’océan Atlantique sont visibles.
Le lieu dit qui a donné son nom au site est « Les Jetins-est ». D’après la thèse du géographe Pierre Deffontaines éditée pour la première fois en 1932 qui concerne la « La moyenne Garonne », on apprend que « les Jetins sont des saules cultivés et plantés en rang serrés. La zone plantée en bordure du fleuve devait rester en petit taillis pour ne pas gêner la navigation à la corde ».
L’extrait du registre des délibérations de 1976 témoigne du récent aménagement des bords de Garonne avec la présence d’une plage et d’une aire de pique-nique « dans un cadre champêtre et accueillant, faisant l’unanimité de nombreux citadins, ruraux et touristes venus depuis plusieurs étés goûter en ce lieu une détente bienfaisante. » Le site était, à l’époque, un lieu où se déroulaient de nombreuses manifestations : kermesses, fêtes champêtres, bals … qui drainaient beaucoup de monde. Il était aussi le rendez-vous des pêcheurs et de leurs familles, des habitants du village ou des touristes, qui venaient se détendre sur les berges de Garonne. Cette description trouve peu d’écho avec la réalité du terrain aujourd’hui. Il n’y a plus de saules cultivés comme cela devait être le cas au début du XXème siècle, et la plage des années 70 a complètement disparu.
Globalement le site se divise en deux secteurs, le secteur ouest (environ un tiers de sa longueur) est un espace public récréatif, tandis que les deux tiers plus à l’est sont occupés par des parcelles plantées d’arbres. L’accès principal depuis le village débouche au niveau de la jonction entre les deux secteurs. La partie publique, à l’ouest est ouverte; elle se compose d’une grande prairie avec des arbres (platanes et peupliers). Elle comprend deux niveaux de terrasses. La terrasse haute est au niveau des bâtiments d’accueil. Sur celle-ci, seize grands platanes entourent un rectangle de sol stabilisé et bétonné où se déroulent des rencontres rassemblant la population. Plusieurs bâtiments ont été construits, proches de l’entrée pour accueillir des manifestations.
L’autre partie est consacrée aux parcelles boisées (9,5 ha): nombreuses parcelles en noyers d’Amérique, frênes, peupliers et à l’extrémité des tulipiers de Virginie dans une parcelle triangulaire à proximité du hameau des Arrocs.

• Etat actuel du site :
Peu de choses sont comparables à la description figurant dans le registre du conseil municipal présent dans le dossier, et la définition des jetins telle que la livrait Pierre Deffontaines ne correspond en rien à l’occupation du sol actuelle. Il n’y a d’ailleurs pas de saules exploités.
Le lieu est encore aujourd’hui investi par la population. Ainsi les fêtes de Saint Pierre, le festival des fifres de Garonne... s’y déroule toujours.
L’architecture des bâtiments présents dans le site est ordinaire. Certains semblent partiellement dégradés, c’est le cas de celui qui se trouve à l’extrémité ouest du site, non loin de la confluence entre le Siron et le fleuve.
De nombreux peupliers ont été abattus récemment et des plantations récentes d’essences horticoles ont été réalisées autour de la halle principale. Celles-ci détonent en comparaison de l’environnement rural voir « naturel » des bords de Garonne.
Le secteur de la confluence de la Garonne avec le Siron, limite ouest du site, est peu entretenu. D’anciennes tables de béton (style année 70) semblent avoir subi les affres des crues successives. Malgré leur poids conséquent, elles donnent l’impression d’avoir étés charriées par les eaux, elles sont entourées de détritus.

Enjeux et préconisations

Cet espace doit sa qualité et son succès à son caractère naturel et sa situation en bordure de Garonne. Il doit donc être préservé de tout aménagement lourd (parking, équipements sportifs…) malgré l’enjeu touristique qu’il représente. Le choix des végétaux et des structures paysagères doivent aussi conserver un caractère naturel, éviter les essences trop horticoles et peu adaptés pour les berges humides (ex chêne vert).
Les bâtiments présents sur le site viennent banaliser le lieu. Il serait souhaitable de détruire ceux n’ayant plus d’utilité et de proposer une autre réponse architecturale pour les toilettes et pour la petite halle (en priorité). Alléger au maximum les aménagements (lourdeurs au niveau de l’espace d’accueil), enterrer le réseau électrique.
L’espace délimité par les seize platanes semble être le lieu de nombreuses activités, attirées l’été par l’ombre épaisse des grands arbres. En hiver, c’est un espace presque « transparent », en adéquation avec le caractère naturel de ce bord de Garonne. Ce genre d’espace est à privilégier.
Les récents abattages sur le secteur ouest modifient l’espace, mais ne dénature pas le lieu. Prendre garde au choix des essences qui viendront en remplacement.
Les coupes des arbres ont abîmé la structure du sol, sur la terrasse basse à proximité de la confluence ainsi que dans le secteur de l’accueil. Travailler le sol et ressemer de l’herbe.
Améliorer les abords de la confluence du Siron en évacuant les déchets présents dans l’eau, en traitant la ripisylve et enlevant les tables renversées.

• Conclusion :
Le caractère naturel et accessible au public de ce site en font un lieu précieux et recherché. C’est un lieu de promenade par excellence, parcouru de plusieurs chemins le long du fleuve.
Les aménagements doivent s’efforcer d’être les plus « transparents » possible et les plantations doivent prendre en compte le caractère naturel et le contexte hydrique des rives de Garonne. Un travail devra être fait pour mieux intégrer les structures bâties dans le site et pour effacer les « dégâts » causés par les travaux d’abattage. La richesse de ce site passe aussi la qualité des abords, particulièrement bien préservés : le hameau des Arrocs et la rampe de mise à l’eau ainsi l’interface entre le village et le site des Jetins renforce l’attrait du site notamment par la diversité des cultures présentes.

Ressources