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FICHE | Site inscrit - SIN0000167 - Bourg (VERDELAIS)
Procédure  Arrêté 23/11/1981
Arrêté d'inscription

Commune(s) d'Aquitaine
VERDELAIS  (33)
Commune(s) hors Aquitaine
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Autre zone
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Critère
Site d'intérêt pittoresque

Statut de propriété

Type de site
Bourgs, centres anciens, bastide, patrimoine urbain

Superficie: 34.95 hectares
 (superficie calculée par la méthode cartésienne sur la donnée géographique en projection légale Lambert 93)

Motivation de la protection

« Ce site d’environ 30 hectares s’est façonné au fil des siècles autour d’une église et d’un monastère pour devenir un des lieux de pèlerinage les plus fréquentés de France.
(…)Le calvaire s’élève à proximité de l’église et du sommet, on jouit d’un beau panorama sur la vallée de la Garonne et la forêt des Landes.
L’inscription au titre des sites permettra de préserver ce remarquable ensemble et de veiller à ce que son développement puisse se poursuivre d’une manière harmonieuse ». Rapport par M. Gerault, inspecteur des sites auprès de la commission des sites.

Etat actuel du site

• Environnement du site :
A près de 4 km au nord de Langon, le bourg de Verdelais se situe en rive droite de la Garonne, à la transition entre la vallée et les reliefs vallonnés de l’Entre-Deux-Mers. Sur les collines, l’occupation du sol est dominée par les vignes, ponctuées de bosquets et de quelques hameaux.
Le village est implanté sur le versant sud de la petite vallée du ruisseau du Galouchey au niveau de la confluence avec le ruisseau de Padouen. Le site religieux s’est développé depuis les berges du ruisseau du Galouchey jusqu’au sommet du Mont Cussol.
Depuis la RD10 qui circule dans la vallée de la Garonne, on repère sur le haut du coteau, le calvaire dans un écrin boisé, dominant les vignes. Plus au sud, à 1 km environ, on aperçoit le domaine de Malagar, propriété de François Mauriac (site classé du Domaine de Malagar et ses alentours). Les sites sont contigus sur le haut du relief.
Concernant l’environnement plus proche, on note une urbanisation importante aux abords du village, se développant linéairement le long des routes d’accès.

• Description du site :
Verdelais est, comme l’indique le rapport de protection, un lieu de pèlerinage ancien. Le périmètre protégé prend en compte les différents ensembles qui composent le site religieux et s’étire pour intégrer les premiers plans du paysage perçu depuis le calvaire.
La première mention fait remonter la vocation religieuse du site au XIIème. C’est l’hermitage d’un ancien croisé, à l’emplacement duquel s’installera une première communauté religieuse de l’ordre des Grandmontains. Les vicissitudes des siècles et les conflits religieux entrainent la ruine de ce premier établissement qui sera reconstruit au XVIIème par des moines Célestins. Le site prit de l’envergure au XIXème siècle, pour devenir un des sanctuaires et lieux de pèlerinage « les plus fréquentés de tout le Midi de la France ». C’est en 1856, que fût édifié le calvaire au sommet du Mont Cussol.
Verdelais s’est développé au cours des siècles en lien avec sa vocation religieuse et s’est agrandi et structuré pour faire face à l’afflux des pèlerins.

Edifiée au XIIème, reconstruite donc au XVIIème, et remodelée au XIXème, l’église devenue la Basilique Notre-Dame en 1924, constitue l’élément central du village. Les allées qui se développent à l’ouest soulignent la perspective sur la façade occidentale de l’édifice. Immédiatement au nord, se trouvent l’Ancien Couvent des Célestins et à l’ouest, mitoyen, le Nouveau Couvent occupé par l’hôtel de ville et l’école, l’ensemble bordant les allées.
Les allées, bordées par des fronts bâtis de qualité, sont ombragées par deux alignements de tilleuls qui renforcent la qualité de la composition spatiale. Devant la basilique, le parvis a été réaménagé. Côté nord, un passage permet de rejoindre le jardin public, vaste esplanade enherbée et plantée, qui accueille du stationnement.
Au sud de la basilique, s’élève le Mont Cussol. Un large escalier relie la basilique à la chapelle de la Sainte-Agonie, à partir de laquelle commence le chemin de croix qui serpente dans la pente jusqu’au sommet. De la chapelle, une vue étroite s’ouvre sur la basilique en contrebas, adossée aux coteaux, en arrière-plan.
Le chemin de croix traverse un écrin boisé. L’atmosphère est romantique, à la manière d’un parc paysager du XIXème siècle, les chapelles ponctuent le chemin. A l’arrivée, on découvre la chapelle du Saint-Sépulcre qui s’élève au pied du calvaire.
Du calvaire, le regard découvre les vignes au premier plan, rencontre la vallée de la Garonne et peut s’échapper sur l’horizon de la forêt des Landes.
En contrebas de la basilique, en bordure du Galouchey, se trouve le quartier du Luc, une esplanade rustique, ombragée par de vieux platanes autour de laquelle sont disposés plusieurs bâtiments et monuments religieux, dont le groupe commémoratif du Pas-de-la-Mule. Le cours du ruisseau s’attarde dans un petit plan d’eau, alimenté par les « chutes de la Garonelle », petite cascade au débit modeste.

Le site de Verdelais est donc composite, tant en terme de topographie, de nature que d’ambiance. Le dénominateur commun reste la vocation religieuse. Il se présente comme une sorte d’itinéraire conduisant de lieu en lieu de la rivière et son vallon étroit jusqu’au mont ouvrant sur la vallée de Garonne, l’ensemble unifié par le caractère spirituel des étapes.

• Etat actuel du site :
Le site est bien entretenu, des travaux de restauration sont en cours sur différents monuments. Aucune altération majeure n’est perceptible. Mais des efforts d’aménagement restent à faire dans certains secteurs, dont le quartier du Luc qui est hétérogène et sans qualité.
Le rapport évoquait les « dangers » liés à une urbanisation inadaptée, effectivement, les abords du sanctuaire sont banalisés par l’urbanisation diffuse le long des voies.

Enjeux et préconisations

- Poursuivre la restauration et la valorisation du patrimoine bâti et paysager.
- Enfouir les lignes aériennes.
- Maitriser le développement de l’urbanisation en terme d’implantation, de forme de la composition urbaine de ces extensions, et de l’aspect du bâti aux abords du bourg, dans le site et aux abords.
- Envisager une redéfinition du site pour prendre en compte le versant viticole, en cohérence avec la délimitation du site du Domaine de Malagar.

• Conclusion :
Le bourg de Verdelais est caractérisé par un patrimoine religieux important et diversifié, qui s’est développé, au cours des siècles, sous l’influence d’un grand pèlerinage.
Mais l’intérêt de Verdelais ne tient pas qu’à la qualité architecturale de ses monuments. Sa situation en rive droite de la Garonne, en lisière de l’Entre-Deux-Mers, blotti dans la petite vallée du Galouchey, au niveau de la confluence avec le ruisseau de Padouen offre un contraste saisissant avec le paysage que l’on découvre après avoir gravi le chemin de Croix. Du haut du Mont Cussol, au pied du calvaire, le regard embrasse le paysage très ouvert de la vallée de la Garonne avec, au premier plan, les vignes qui dévalent la pente.
C’est ainsi que le site Verdelais propose une grande variété de scènes paysagères au gré desquelles se découvrent les différents édifices qui témoignent de la dimension historique et la vocation spirituelle du lieu.

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