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FICHE | Site inscrit - SIN0000132 - Château de la Motte
Procédure  Arrêté 24/12/1981
Arrêté d'inscription

Commune(s) d'Aquitaine
SAINT-SULPICE-ET-CAMEYRAC  (33)
Commune(s) hors Aquitaine
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Autre zone
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Critère

Statut de propriété
Privé

Type de site
Château, parc et jardin, domaine, allée d'arbres, square

Superficie: 30.47 hectares
 (superficie calculée par la méthode cartésienne sur la donnée géographique en projection légale Lambert 93)

Motivation de la protection

" Le site du château La Motte sur la commune de Saint-Sulpice-et-Cameyrac s'étend sur une trentaine d'hectares entre la route de Saint-Sulpice-et-Cameyrac à Vayres et la route de Saint-Sulpice-et-Cameyac à Beychac et Caillau.
Ce château situé à deux kilomètres environ à l'Est de l'église de Saint-Sulpice, est édifié sur une motte quadrilatère entourée de fossés toujours pleins d'eau.
Bien que selon Léo Drouyn dans son ouvrage consacré à la Guyenne militaire, on trouve dans certaines archives des traces de la présence de ce château dès le XVIe siècle, les constructions existantes ne sont pas anciennes. Certains éléments peuvent toutefois être datés du XVIIe siècle.
Pour pénétrer dans le château il faut emprunter un pont en pierre, formé de deux arches plein-cintre et traverser une terrasse. A l'Est, une grande pièce d'eau a été creusée à la place du fossé. Plus au nord, au-delà des fossés se trouve une chapelle dominant une vaste prairie.
Ce site ne vaut pas uniquement par ces éléments dont l'agencement réussit à créer un espace de grande qualité, mais également par les bois et les prairies qui l'entourent, jusqu'à la vue que du château l'on peut avoir sur la vallée de la Dordogne.
De ce qui reste du parc du château La Motte dénommé « Bois du Prince », on peut mettre l'accent sur l'allée d'accès du château avec ses chênes pluri-centenaires » ". (Avis de l'inspecteur des sites – mai 1981).

Etat actuel du site

• Environnement du site
La commune de Saint-Sulpice se trouve en rive gauche de la vallée de la Dordogne, à quelques kilomètres de Vayres. Le parc est situé dans un environnement soumis à la pression urbaine de l’agglomération bordelaise. Les poches de lotissement plus ou moins raccrochées à des hameaux ou quartiers anciens gagnent du terrain, elles se caractérisent par une forte consommation d’espace pris sur les anciennes vignes. Le site est ainsi longé au sud par un lotissement linéaire développé le long des routes, tandis qu’au nord, il reste de grandes parcelles en vigne. Le village de Saint-Sulpice est situé à l’ouest du domaine, la zone sportive borde le site.

• Description du site :
Le site correspond à deux propriétés foncières : au sud, le château de La Motte et son parc ; à l’ouest et au nord, l’allée d’arrivée qui, depuis le village, conduit jusqu’aux anciens communs, et une grande parcelle actuellement en friche qui correspond à plus des trois quarts de la superficie totale du site.
La friche est longée par une route communale, visible de l’espace public. Il faut noter la nette évolution depuis les photos contenues dans le dossier de protection du site. Les frondaisons du parc et des cèdres voisins plantés aux abords des communs ressemblaient à un îlot de verdure posé sur une prairie rase. Aujourd’hui, la prairie est en cours d’enfrichement, le milieu se referme progressivement.
L’entrée actuelle dans le parc se fait par un portail récent, situé sur la limite sud. Ce portail donne sur une allée ancienne qui était bordée de chênes tricentenaires, aujourd’hui disparus (tempête de 1999). Elle est perpendiculaire à la façade du château et traverse un secteur boisé, largement éclairci par les tempêtes, qui laisse place, en s’approchant du bâtiment, à une belle pelouse. Le château a été bâti sur une plate-forme entourée de douves en eau. Si les façades est et ouest semblent plonger dans l’eau, au sud et au nord, le château dispose de terrasses. Au sud, c’est une terrasse étroite dont le seul accès passe par le bâtiment tandis qu’au nord, c’est une vaste cour traitée en gravier dont l’accès se fait par un pont en pierre, comprenant deux arches. Quelques tilleuls ombragent les abords du pont et l’aire de stationnement. A l’est, les douves s’étirent et se déforment, formant un plan d’eau aux contours souples qui enserrent une île boisée, dont les rives sont maçonnées. Des cyprès chauves sont plantés en rive de la pièce d’eau. L’aspect romantique de cette partie du parc est préservé, grâce à la densité de végétation. La pièce d’eau semble alimentée par une source, située dans la partie boisée au sud. Un édifice en béton recouvert de lierre situé à côté de la source, servait de château d’eau. D’après les propriétaires, le parc disposait d’une arrivée d’eau (fossé ou ru) dont les extensions urbaines ont modifié l’écoulement. En limite sud-est, un verger a été planté. Une piscine a été construite à l’ouest du château, les modelés d’accompagnement et des plantations adaptées intègrent très bien cet équipement récent.
D'un point de vue structurel et historique,les éléments intéressants sont le dispositif hydraulique, les douves et leur prolongement à l’est, mais également les réseaux de canaux qui semblent définir des carrés en île.

• Etat actuel du site :
Le parc est bien entretenu, d’importantes replantations de jeunes chênes ont été faites à bon escient, avec des baliveaux ou par semis.

Enjeux et préconisations

Enjeux :
C’est un site intéressant bien qu’il ait subi des dommages suite aux tempêtes de 1999 et de 2009. Il comprend des éléments paysagers de qualité,notament le dispositif hydraulique qui semble ancien. La division foncière partage le domaine en deux entités très différentes, il conviendrait qu’un cahier de gestion permette de retrouver l’unité du site.

Deux enjeux apparaissent et concourent aux mêmes objectifs :
- recomposer le parc du château .
- rendre lisible et fonctionnel le réseau hydrographique élément clef du site.

Préconisations
- Encourager l’élaboration d’une étude paysagère et historique qui puisse analyser le réseau hydraulique et proposer un cahier de gestion global, concernant le parc, ses franges avec les parties urbanisées et la vaste friche :
- Reconquérir l’identité paysagère du site dans un contexte urbain en inscrivant l’entrée de bourg dans une logique globale, en requalifiant la plaine des sports et la lisière de St Sulpice afin de s’inscrire dans un système paysager propre à l’esprit du lieu.
- Recomposer « le sanctuaire de Lamothe », le jardin intérieur, renouveler la chênaie et l’ancienne allée cavalière Est-Ouest.
-Maîtriser les abords du site en analysant les documents d’urbanisme au regard du site, mettre en place des marges de recul sur les lisières du parc et préserver l’ouverture de l’espace au nord du château (dans l’axe Nord Sud).

Rédaction automne 2005 – mise à jour 2012

Ressources