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FICHE | Site inscrit - SIN0000120 - Vallée de l'Isle
Procédure  Arrêté 18/09/1985
Arrêté d'inscription

Commune(s) d'Aquitaine
BONZAC  (33)
SAINT-MARTIN-DE-LAYE  (33)
Commune(s) hors Aquitaine
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Autre zone
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Critère
Site d'intérêt pittoresque

Statut de propriété

Type de site
Sites naturels - grands ensembles paysagers

Superficie: 840.2 hectares
 (superficie calculée par la méthode cartésienne sur la donnée géographique en projection légale Lambert 93)

Motivation de la protection

« Le site d’une superficie de 850 ha compris entre la rivière et la route départementale n°22 constitue une unité paysagère où les espaces naturels d’une grande qualité sont parsemés d’édifices ayant un intérêt architectural certain.
Afin de favoriser une évolution de ces espaces compatible avec la préservation d’un patrimoine naturel et bâti de grande qualité, je propose à la commission d’émettre un avis favorable sur ce projet d’inscription du site de la vallée de l’Isle. » (extrait de la fiche de présentation. Non datée non signée).

Etat actuel du site

• Environnement du site :
La rivière de l’Isle est une rivière importante du département de la Dordogne. Dans le département de la Gironde, elle commence par un parcours, est/ouest, en continuité avec son cours aval, elle longe Coutras au sud, passe à Guîtres puis s’oriente vers le sud pour rejoindre la vallée de la Dordogne. C’est cette séquence au sud de Guîtres qui est concernée par le site protégé. Le site se développe sur les communes de Saint-Martin-de-Laye au nord et de Bonzac au sud, entre les bourgs de Guîtres, en amont et en rive droite, et de Saint-Denis-de-Pile, à l’aval et en rive gauche. Ces deux bourgs, tous deux anciens ports fluviaux, sont hors site.
Dans cette séquence, la vallée présente un profil dissymétrique. Tout d’abord elle comprend une plaine inondable large dans laquelle la rivière forme d’importants méandres. La rive droite est bordée par un coteau, qui se dresse assez vivement soit en pied de rivière soit à quelques centaines de mètres, tandis qu’en rive gauche, la vallée s’étire et le relief s’élève mollement. Le périmètre protège la rive droite, le coteau et les hauteurs à l’arrière du coteau sur une profondeur variable. L’environnement du site à l’est est constitué par la rive opposée et une large zone de palus tandis qu’en bordure ouest, l’environnement est plus contrasté. Les doux vallonnements couverts de vignes ou de bois laissent place à de nouveaux quartiers, et des chapelets de maisons neuves.

• Description du site :
La protection concerne exclusivement la rive droite de la rivière, depuis le ruisseau de Galostre en amont, limite communale entre Guîtres et Saint-Martin-de-Laye jusqu’à la limite sud de la commune de Bonzac en aval. Le périmètre, à l’est, s’appuie sur la rive droite de l’Isle, la rivière est donc exclue.
Cette séquence de la vallée de l’Isle se compose de trois entités géographiques et paysagères, la plaine alluviale inondable, le versant boisé et les hauteurs ondulées.
Le lit majeur de l’Isle est principalement occupé par des prairies humides et des haies bocagères, mais il comprend également des parcelles plantées de peupliers en bord de rivière et quelques parcelles cultivées. La plaine humide s’élargit au sud du site, au niveau du coteau de Bonzac. Dans ce secteur, la pratique de la pâture (bovins et équidés) maintient les espaces ouverts. Une belle trame bocagère a perduré dans ce fond de vallée : réseaux de haies, canaux de drainage, petites mares, bosquets de feuillus qui composent un paysage diversifié. La rivière n’est pas endiguée. Ainsi la basse vallée de l’Isle est reconnue zone d’intérêt écologique et la partie de la plaine la plus humide est en zone Natura 2000, supportée par la présence d’habitats tels que les boisements et prairies inondables.
Des carrelets sont implantés en rive, en plusieurs endroits sur le linéaire protégé.
Le versant est bien marqué, il s’élève régulièrement d’une quarantaine de mètres au nord du site et d’une soixantaine de mètres au sud. Sur le coteau de Bonzac, il ondule au gré de légers talwegs. Ces dépressions de faible dénivellation marquent le paysage, tant par la variation des modelés qu’elles génèrent que par les ouvertures visuelles qu’elles permettent. Les parcelles sont souvent ouvertes par des prairies pâturées, on repère quelques mares ou autres points d’eau et de beaux arbres isolés. Les pentes les plus fortes sont boisées. En haut de pente, quand les terrains deviennent accessibles, on retrouve des prairies et des vignes. Ce versant se franchit en plusieurs endroits, ce sont souvent d’anciens chemins en creux, magnifiques voûtes de chênes qui relient les coteaux à la plaine.
En partie haute du versant, le relief ondule doucement. C’est uniquement sur la commune de Saint-Martin-de-Laye que le périmètre englobe une épaisseur de collines à l’arrière du coteau. Dans ce secteur, les cultures sont plus présentes que dans la plaine, avec une alternance de vignes et de prairies et des bois sur les pentes.
Dans cette partie nord du site, une route départementale, la RD 138 longe la ligne de crête et offre de belles fenêtres sur la vallée de l’Isle, et sur l’arrière – coteau.
L’occupation humaine est ancienne et diversifiée.
Dans la vallée, il y a très peu de bâti, excepté des châteaux, propriétés privées, très peu visibles , accessibles par des allées privées. Dans le versant ou sur le haut du relief, au milieu des vignes, on rencontre d’autres châteaux ou maisons de maîtres, qui ponctuent le paysage et concourent à la qualité du site. Ils ne sont pas tous visibles, cachés par d’épaisses frondaisons, mais se devinent grâce aux structures végétales, alignements ou bosquet dans la mode des parcs paysagers du XIX ème siècle. On rencontre également quelques corps de ferme ou ensemble bâti traditionnel sur les hauteurs. Deux édifices publics se repèrent par leur silhouette, l’église de Saint-Martin de Laye dans le hameau de Grange, et l’église de Bonzac, édifice XIXème.
Puis l’occupation bâtie s’est poursuivie avec moins d’égard pour le paysage. Plusieurs quartiers nouveaux sont venus s’implanter dans le site, ou aux abords immédiats du site. A la banalité des constructions, vient s’ajouter une grande disparité dans les styles et les volumes des maisons.

• Etat actuel du site :
Si l’on fait abstraction des nouveaux quartiers sur les hauteurs, le site est de belle qualité, certainement assez conforme à ce qu’il était dans les années 80, au moment de la protection. La plaine de l’Isle est principalement occupée par des prairies alluviales et des haies bocagères. Quelques jeunes peupleraies se trouvent en fond de vallée. Du versant ou du haut de coteau, c’est une composition uniquement végétale qui s’offre aux regards.
Les ensembles bâtis anciens disséminés en haut du coteau, à mi-pente ou en pied de coteaux, entourés de bosquets, ajoutent au paysage naturel de la vallée une touche architecturale de qualité et constituent des motifs intéressants.
Un des objectifs de la protection était de permettre la mise en place d’une veille pour la maîtrise de la dispersion de l’habitat et pour l’analyse fine des projets. L’habitat dispersé est rare mais la qualité des nouveaux quartiers laisse à désirer.

Enjeux et préconisations

Préserver l’état actuel :
- Conserver la structure bocagère de la vallée
- Maintenir des pâturages de la vallée
- Maintenir l’exploitation agricole sur le mode extensif
- Limiter l’implantation des peupleraies
- Améliorer l’aspect des nouveaux quartiers par des plantations champêtres en bord de route
- Rester vigilant aux futurs projets, exiger un parti paysager fort qui intègre la future opération.

• Conclusion :
La vallée de l’Isle est bordée par les coteaux abrupts de Saint-Martin-de-Laye et de Bonzac. Dans cette séquence, la rivière forme de larges méandres dans une plaine inondable riche, tant sur le plan paysager qu’écologique. Les trois entités géographiques, la vallée, le versant et les hauteurs qui structurent le site, associées à une occupation de sol diversifiée (prairies, terres, vignes, bois) offrent une succession d’ambiances paysagères. Ce territoire est habité depuis longtemps, châteaux, corps de ferme, églises et les modestes carrelets en rive en témoignent. De nouveaux quartiers se développent dans ce beau paysage que l’agriculture maintient ouvert. Il faut veiller à s’inscrire en douceur dans ce paysage nuancé au risque de rompre une belle harmonie.

Visite de terrain en novembre 2012

Ressources