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FICHE | Site inscrit - SIN0000076 - Site de Perrou
Procédure  Arrêté 09/12/1983
Arrêté d'inscription

Commune(s) d'Aquitaine
GAGEAC-ET-ROUILLAC  (24)
Commune(s) hors Aquitaine
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Autre zone
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Critère
Site d'intérêt pittoresque

Statut de propriété
Privé

Type de site
Château, parc et jardin, domaine, allée d'arbres, square

Superficie: 515.24 hectares
 (superficie calculée par la méthode cartésienne sur la donnée géographique en projection légale Lambert 93)

Motivation de la protection

C'est le Patrimoine historique et monumental intéressant "une demeure du XVIIIe d'un style très pur entouré de chais au toitures à la Mansard percés de lucarnes", à vocation viticole dans un secteur préservé, qui a été protégé. Le site se trouve dans la vallée de la Dordogne, en rive sud, entre Bergerac et Sainte-Foy-La-Grande. Bien que proche des agglomérations, l’environnement du site reste à dominante agricole. Les hameaux ou villages souffrent en général d’extensions bâties de qualité médiocre.

Etat actuel du site

Le site prend en compte une singularité géologique, un relief de forme triangulaire, isolé des collines voisines. Le haut de relief est un plateau à peu près plat, il se développe à une altitude de 113/118m, soit environ 80m au dessus de la vallée de la Dordogne au nord, ou de la vallée de la Gardonnette à l’ouest. Il est alimenté par des fontaines, comme la Font Carrade et la Font Pique. Le haut du relief et les premières pentes sont en quelque sorte sertis par une couronne boisée qui se situe sur les parties les plus abruptes. Ils sont occupés par de la vigne comme les pieds de versants. La nature géologique de ce relief en fait un terroir viticole unique dans ce secteur de la Dordogne. A l’extrémité nord du plateau, est implanté le château de Perrou. Il est desservi par une allée rectiligne, axée sur la façade d’arrivée, de plus de 800m de longueur, et implantée au bord est du plateau. Cette allée est bordée d’alignements d’arbres, sans qualité, disparates, dont des cèdres plutôt maigres à l’arrivée sur le château. C’est une architecture classique, de type chartreuse avec un corps central encadré de deux pavillons symétriques, l’ensemble à un niveau de plain-pied surmonté d’un niveau de comble à la Mansard doté de lucarnes ; en retour d’équerre, les deux ailes de communs présentent également un étage de plain-pied et un comble à la Mansart dont le volume est moins important que dans le corps central. Les ailes se terminent chacune par un pavillon avec une toiture à quatre pans. Ces bâtiments en U délimitent la cour qui est fermée sur le sud par une grille, partiellement posée sur un mur bahut. Deux piliers encadrent le portail situé dans l’axe perspectif. Côté nord, le château étant posé sur le rebord du plateau, il est en position de belvédère renforcée par d’importants soutènement maçonnés de la terrasse qui regarde vers la vallée. Des bâtiments techniques sont accolés à la façade est du château autour d’une cour de service. Il reste un pigeonnier à l’ouest du château. Ce plateau comprend deux autres ensembles bâtis plus modestes dont l’ensemble dit " le vieux-château ", à l’extrémité sud de la grande allée. En partie basse des versants, et dans la vallée, il existe d’autres ensembles bâtis d’architecture traditionnelle, plus ou moins rurale, comme Le Galinou, Lauriaque ou plus savante comme la Tour, Le Fournil ou Thénac. Bernajou, sous le château abrite des chais. A mi-pente, sous le château, se trouve l’église de Rouillac. Elle est desservie par une voie (privée) qui conduit jusqu’au château, elle est bordée par quelques vieux chênes. La partie basse a été cédée récemment à la commune. L’édifice présente un aspect XIXe, l’intérieur n’a pas été visité. Le cimetière qui est accolé, est entretenu sans nuance. Il comprend quelques tombes anciennes, intéressantes, qui, malgré leur désaffection, ne devraient pas être supprimées dans le cadre de récupération des concessions. C’est un patrimoine culturel et esthétique qui mérite d’être préservé dans le site. Il reste quelques vieux cyprès. Au delà du pied de versant, le site s’étend au nord, dans la vallée. Il englobe des quartiers comme la Sionie et les Graves. Les vignes disparaissent au profit de prairies de pâturages ou de cultures.

Dans l’ensemble, ce site a gardé sa vocation viticole, le paysage de vigne domine. La présence des bois sur les versants qui accompagnent le relief est intéressante. L’évolution la plus désastreuse est la construction d’une maison jaune sur un carrefour en pied de versant nord. Elle est très perceptible en vues rapprochées car implantée sur un terrain en contre-haut de la route, et elle se voit de loin, notamment en co-visibilité avec le château juché sur son plateau.
Si les quartiers de le Bouhan et Segonzac ont évolué et comprennent des maisons récentes, elles restent visuellement agglomérées à un quartier ancien.

Enjeux et préconisations

Le site du Perrou est remarquable mais actuellement le périmètre au nord ne se justifie pas. La construction désastreuse d’une maison montre que le niveau de protection est insuffisant s’il n’est pas relayé par un document d’urbanisme précis qui tienne compte de la valeur patrimoniale de ce paysage. Ces documents d’urbanisme devraient garantir l’inconstructibilité des secteurs les plus sensibles du site ; voir également sur les communes perçues depuis le panorama.

Ressources