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FICHE | Site inscrit - SIN0000071 - La bastide d'Eymet
Procédure  Arrêté 18/12/1968
Arrêté d'inscription

Commune(s) d'Aquitaine
EYMET  (24)
Commune(s) hors Aquitaine
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Autre zone
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Critère
Site d'intérêt pittoresque

Statut de propriété

Type de site
Bourgs, centres anciens, bastide, patrimoine urbain

Superficie: 15.7 hectares
 (superficie calculée par la méthode cartésienne sur la donnée géographique en projection légale Lambert 93)

Motivation de la protection

"Eymet est le premier ensemble monumental rencontré lorsqu'on entre en Dordogne par le sud. Malgré les efforts de la municipalité en faveur du tourisme, et les améliorations qui ont été apportées, il est nécessaire que l'Administration des Monuments Historiques vienne encourager et aider les propriétaires à retrouver l'aspect d'origine des bâtiments situés dans l'enceinte des anciens remparts. " texte issu de la commission départementale des sites de la Dordogne du 22 mars 1968

Etat actuel du site

Environnement du site :
Le périmètre protégé prend en compte la forme urbaine originelle de la bastide avec une sur-largeur à l’ouest qui pousse jusqu’au Dropt. L’environnement du site est donc largement marqué par les faubourgs de la bastide et les extensions progressives au cours des temps. Cet « enveloppement » de la bastide par ces extensions s’explique également par la situation dans la vallée, dans une boucle de la rivière, aucune difficulté topographique n’est venue freiner le prolongement du tissu urbain (à la différence par exemple de la bastide de Monpazier où la situation de promontoire protège « naturellement » la forme urbaine des extensions. Il est à noter également que la bastide est traversée par la route départementale RD 933, voie de liaison entre la Dordogne et le Lot-et-Garonne, reliant notamment Marmande à Bergerac, et reliant Bergerac à l’autoroute A 62. Cette situation en limite de département, sur une voie de liaison fait de ce bourg un centre de services et de commerces, fortement envahi par les véhicules des chalands.

Bastide fondée en 1270 par Alphonse de Poitiers. Le château situé au nord-ouest est inclus dans la fortification de la bastide, il marque l’entrée nord par son imposant donjon et le logis contigu, l’ensemble formant une cour. Mais ce secteur nord de la bastide est assez confus, le tissu urbain semble éventré, avec une maison bourgeoise imposante, une sorte de petit square, un parking, le bâtiment de la mairie, celui de la poste qui sont des constructions d’après-guerre. A l’ouest du château, jusqu’à la rivière, une prairie arborée abrite un camping. Sur les autres parties, la bastide a conservé son plan régulier, avec cinq voies nord/sud dont les voies de ceinture et quinze voies est/ouest, avec des îlots de plan rectangulaire. La place de couverts est de plan carré, certaines façades sont bâties en pierre et reposent sur des arcades tandis que d’autres façades sont constituées de maisons à pans de bois, les couverts sont alors soutenus par l’ossature bois. Le tissu urbain est relativement homogène, il y a beaucoup de maisons à pans de bois sur un premier niveau bâti en pierre. Se rencontrent des détails d’architecture ancienne, comme des baies géminées ou de petites fenêtres à meneaux, même sur des maisons d’apparence modeste. Il y a quand même quelques volumes plus imposants bâtis récemment. Les espaces publics n’ont pas été traités récemment, à part la place des couverts et quelques voies proches. Le point de contact avec le Dropt , le quai de la navigation, ressemble à une route plus large, sans d’autre qualité que de donner à voir le volume des frondaisons de l’île. C’est un mur et un parapet en pierre qui borde ce quai.

Etat actuel du site :
Beaucoup de maisons semblent inhabitées et d’autres sont en vente. Les restaurations sont de qualité très inégales, beaucoup conduisent à faire tomber les enduits pour montrer l’ossature bois, ce qui donne l’impression de bâti déshabillé. Les ouvertures sont également modifiées (porte de garage par exemple). Mais le problème le plus frappant est l’encombrement du centre par les voitures qui parasitent l’espace notamment devant le château et sur la place des couverts.

Enjeux et préconisations

Le devenir de ce patrimoine bâti de la bastide relève davantage d’un document d’urbanisme ou d’une ZPPAUP que d’une protection au titre de sites. Les enjeux de ce site vont bien au-delà de la problématique de protection puisqu’il s’agit plus globalement d’essayer de revitaliser le centre ancien, d’éviter la vacance des maisons anciennes. Une meilleure gestion du stationnement des voitures pourrait également améliorer la perception de ce site.

La bastide d’Eymet est un site urbain, dont l’intérêt réside dans la forme urbaine et la qualité du bâti. Au-delà de la bastide proprement dite, la ville s’est étendue, enveloppant la forme urbaine géométrique sans grande précaution. La protection au titre des sites ne semble pas adaptée à la problématique de préservation et mise en valeur.

Ressources