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FICHE | Site inscrit - SIN0000069 - Site de La Bastide
Procédure  Arrêté 23/05/1984
Arrêté d'inscription

Commune(s) d'Aquitaine
CASTILLONNES  (47)
Commune(s) hors Aquitaine
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Autre zone
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Critère
Site d'intérêt pittoresque

Statut de propriété

Type de site
Bourgs, centres anciens, bastide, patrimoine urbain

Superficie: 8.2 hectares
 (superficie calculée par la méthode cartésienne sur la donnée géographique en projection légale Lambert 93)

Motivation de la protection

« Située aux confins du Périgord et du Lot-et-Garonne, Castillonnès est une ancienne bastide, fondée en 1259 par Alphonse de Poitiers, père de Saint-Louis. Elle fut à l’origine la propriété de l’abbaye de Cadouin.
Plusieurs sièges et incendies aux cours de la guerre de Cent Ans et des guerres de religion ont fortement marqué ce bourg. Castillonnès a néanmoins conservé les beaux vestiges de la maison abbatiale du XIIIème siècle construite par les moines de Cadouin, avec la salle de perception des dîmes au-dessus des cornières. Des fortifications édifiées sur ordre du roi d’Angleterre, il ne reste que quelques traces des remparts.
Au centre de la bastide la place carrée, bordée de cornières, partent bien droits les ruelles conduisant aux portes de la ville.
A noter l’église du XIIIème, profondément modifiée au XIXème siècle, mais qui a conservé un beau retable et quelques peintures, et surtout une maison du XVIIIème siècle, bien ordonnancée et attribuée à l’architecte Louis, du Théâtre à Bordeaux.
L’ensemble que constitue cette ancienne bastide est encore bien homogène et mériterait une mise en valeur systématique ». (Extrait rapport de l’inspecteur des sites - 1983).

Etat actuel du site

• Environnement du site :
La ville de Castillonnès est implantée sur l’itinéraire de l’ancienne route nationale, RN 21, à 24 km de Bergerac. Elle est perchée sur un relief calcaire qui domine à l’ouest, la vallée de la Douyne, et au nord la verte vallée du Dropt. La confluence entre ces deux cours d’eau se trouve à quelques centaines de mètres au nord de la bastide.
Ces vallées sont occupées par l’agriculture, on y trouve des vergers et des peupleraies, des parcelles de grandes cultures, quelques vignes et des prairies.
Le bourg s’est développé en fonction des contraintes topographiques. Le relief abrupt en bordure ouest a pratiquement empêché les extensions alors qu’au sud, à l’est et au nord, il en va autrement. Au nord du site, en pied de versant, a été construit le complexe sportif (piscine, terrains de tennis…), et des quartiers de maisons individuelles. Les pentes exposées est et sud, le long et aux abords de la route départementale ont également été bâties, à la faveur de replat de terrain.
Les vues depuis la route de Lauzun (à l’ouest) sont intéressantes car elles permettent d’apprécier la silhouette du relief surhaussée par le bourg. Le clocher de l’église émerge de la forme bâtie, la partie basse du glacis est ouverte en prairie et les fortes pentes sont boisées.

• Description du site :
Le site épouse la forme urbaine primitive de la bastide qui, elle même a épousé le haut du relief calcaire. Sont prises en compte également des parcelles non bâties, qui constituent le glacis de la proue, à l’extrémité nord-ouest du relief, en contre bas d’une sorte de « place-belvédère » (à proximité de l’actuel square Théodore Joyeux).
Cette adéquation entre la forme du relief et le plan de composition urbain de la bastide s’est traduite par une forme urbaine particulière en « virgule » dont la trame orthogonale s’élargit progressivement vers le sud ce qui constitue une des caractéristiques de Castillonnès.
Le tracé de l’ancienne nationale qui s’appuie contre le relief et ses courbes, surligne la bordure ouest de la bastide.
La bastide a été fondée au 13è siècle sur un ancien château fort au nord du Pech dominant la vallée du Dropt. Elle conserve aujourd’hui toutes les caractéristiques d’une bastide : une place carrée (place des cornières), une halle, l’église située à un angle de la place, et une trame orthogonale qui s’est donc adaptée à la topographie.
La place des cornières située au niveau du coude de la ligne de crête aurait fait la jonction entre un habitat ancien groupé, et la nouvelle ville, ce qui expliquerait la relative irrégularité du parcellaire au nord par rapport au maillage régulier en lanière du sud.
La halle du XXème siècle présente une échauguette en poivrière de style troubadour, quant à l’église elle a été reconstruite avec un clocher quadrangulaire à terrasse. Les bâtiments municipaux à savoir l’hôtel de ville et l’office de tourisme, occupent l’ancienne maison du gouverneur qui présente une belle cour d'honneur renaissance et une antique grange aux dîmes.
Le patrimoine est riche et bien conservé. Les maisons sont alignées avec des toits donnant tous sur la rue. Une vieille maison à l’angle de la place des cornières permet de comprendre le type constructif de l’époque, murs en pans de bois et torchis.
On trouve dans le noyau ancien des pontets qui sont des passerelles couvertes reliant deux maisons, des vestiges d’ouvertures gothiques géminées, des portes médiévales, vestiges de fortifications notamment à la proue du relief. Il y a également un hôtel particulier remarquable datant du XVIIIème siècle, l’hôtel de Cours de Thomazeau, rue du Petit-Paris, protégé au titre des monuments historiques..

A noter, un magnifique tilleul dans une parcelle privée au sud du site.
Les fortes pentes dans le secteur nord du site, sont occupées par des boisements, en majorité des boisements spontanés.

Enjeux et préconisations

Cette bastide de hauteur située à quelques kilomètres du département de la Dordogne, présente un grand potentiel. L’implantation topographique est singulière, et permet de larges vues ouvertes sur la campagne alentour (quand les arbres ne gênent pas). La composition, tracé orthogonal modulé en fonction du relief, est originale et bien conservée. Le patrimoine architectural est riche de plusieurs édifices intéressants, d’époques variées.
Le périmètre protégé devrait prendre en compte la dimension paysagère en repoussant les limites jusqu’aux pieds de versant. Le recours a une ZPPAUP serait nécessaire pour garantir la pérennité et la mise en valeur de cet ensemble.
D'ores et déjà :
- prévoir dans le document d’urbanisme de la commune un zonage adapté pour la protection des paysages naturels, agricoles et forestiers, ainsi que des parcs et jardins, faisant partie du site ou contribuant à la qualité de ses abords,
- inclure dans le règlement du document d’urbanisme de la commune des prescriptions architecturales et paysagères détaillées pour maintenir la qualité du bâti faisant partie du Site, ou contribuant à la qualité de ses abords.

Les préconisations pour ce site :
- Améliorer l’aspect des espaces publics (voies et places), planter et rechercher une alternative au « tout goudron ».
- Retrouver des vues vers le grand paysage depuis les voies qui ceinturent la bastide. Pour cela, dégager les glacis colonisés par une végétation spontanée notamment en contre-bas du square Théodore Joyeux.

Ressources