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FICHE | Site inscrit - SIN0000048 - Bastide (MONPAZIER) - extension
Procédure  Arrêté 12/08/1980
Arrêté d'inscription

Commune(s) d'Aquitaine
CAPDROT  (24)
GAUGEAC  (24)
MARSALES  (24)
MONPAZIER  (24)
Commune(s) hors Aquitaine
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Autre zone
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Critère
Site d'intérêt pittoresque

Statut de propriété

Type de site
Bourgs, centres anciens, bastide, patrimoine urbain

Superficie: 511.82 hectares
 (superficie calculée par la méthode cartésienne sur la donnée géographique en projection légale Lambert 93)

Motivation de la protection

Protéger « la plus intéressante et la mieux conservé des « bastides » du sud-ouest » mentionne le rapport sur la proposition d’inscription de 1965.
Puis protéger l’environnement proche de la bastide et notamment la protéger contre « une architecture anachronique et mal adaptée », mentionne le rapport d’inscription de 1977.

Etat actuel du site

Environnement du site :
Le site se trouve au sud du Périgord, à la limite avec l'Agenais, non loin des bastides de Villeréal, Monflanquin, dans un secteur de collines et de vallées. Monpazier a été édifié sur un promontoire autour duquel nous trouvons, le Dropt, le Moulinio, à l’est, plus au sud, le Soulauret, autant de rivières ou ruisseaux qui sont venus creuser le relief et « dégager » la bastide, disposition topographique renforcée par deux petits vallons affluents du Dropt qui « enchâssent » le promontoire à l’est et à l’ouest. Le plateau qui s’étend au nord est le support facile pour une urbanisation d'activités commerciales et industrielles. Malgré ces extensions et des maisons neuves qui sont venues s'implantées à l'est, ce secteur nord reste un paysage à dominante agricole ouvert, entretenu et structuré par de linéaires (haie, ripisylve, ).
L’environnement du site de la bastide est largement inclus dans le périmètre étendu du site inscrit de 1977.

Description du site :
La bastide de Monpazier a été fondée en 1285. La limite du site, établie sur les anciens fossés, actuellement en herbe, englobe tout le rectangle de la ville neuve médiévale.
Le coeur de la bastide est restauré et bien entretenu. Il comprend des détails d’architecture ancienne nombreux : portes de ville, couverts, pans de bois, baies. Un projet d’aménagement exemplaire des espaces publics a été mis en oeuvre il y a quelques années dans le cadre d’une Opération Grand Site, respectant le caractère villageois. La lisibilité de la forme urbaine est affirmée par un traitement d’une large bande enherbée le long de la façade est de la bastide qui permet le recul avant de franchir la porte. Le traitement des sols est cohérent de par l’utilisation de granulats calcaires, calade, caniveau en pierre, bicouche, l’ensemble restant sobre. Les aires de stationnements encadrées par des charmilles présentent un qualité d’intégration adaptée. La construction d’édicules (préau, pergola, etc ) dans un vocabulaire contemporain, bien intégré dans ce contexte patrimonial complète est aussi à souligner. Depuis le tour des remparts, de belles vues se dégagent sur les alentours.

L’extension du site inscrit de 1977 correspond approximativement aux zones de co-visibilité entre la bastide de Monpazier et l'environnement du bourg. Les vues depuis le site sur la bastide sont donc nombreuses.
Au sud de la bastide, la rivière du Dropt coupe le site en deux et procure de nombreux motifs intéressants à commencer par les multiples bassins qui jalonnent le cours d'eau. De plus, quatre moulins se trouvent dans le site : le moulin de Fau, le moulin de Canole, le moulin Joli et le moulin de Serre. La ripisylve est entretenue et fait l'objet de coupe raisonnée. Le sud du site est peu peuplé, seules des fermes isolées viennent ponctuer le paysage (Canole, les Faures, Tendounet, Tendou, ). Au nord du Dropt, trois vallons arrivent perpendiculairement à la rivière dont le ruisseau de Moulinio qui est la limite du site à l'est. Les deux autres vallons ouverts viennent donner de l'altitude à la bastide et apporte de nouveaux motifs (moulin et retenue d'eau, ripisylve). Au sud-ouest, le coteau apparaît comme très préservé et entretenu par une agriculture douce : pâturage et linéaire de haie qui structure le parcellaire.
En remontant vers le nord, le paysage est davantage bouleversé : au nord-ouest, des quartiers d’habitations semblent s’étendre, et plein nord, les activités commerciales et autres constructions récentes en bordure de voie parsèment le paysage. Ces extensions brouillent le paysage agricole et les motifs paysagers du côté nord.

Enjeux et préconisations

Les efforts de restauration de la bastide méritent d’être poursuivis avec la qualité apportée jusqu’à présent. Mais les enjeux se situent davantage aux abords de la bastide.
Il serait nécessaire d’appliquer une vigilance maximale sur les nouvelles constructions se situant en vis à vis avec la bastide et sur les extensions qui pourraient nuire à la compréhension globale de la forme rectangulaire de la bastide. Cette vigilance doit particulièrement portée sur la question des terrassements (création de plate-forme, traitement des talus) et la question des teintes et de la palette végétale d’accompagnement. Le caractère rural doit être rappelé même en accompagnement de bâtiments commerciaux.

Monpazier est une belle bastide, reconnue. La protection au titre des sites de la stricte forme urbaine du plan originel de la ville médiévale paraît présenter peu d’intérêt, compte tenu des périmètres d’abords des monuments protégés. Par contre, le périmètre augmenté de l’extension prend un sens de protection paysagère plus convaincant.

Ressources