Haut de page

FICHE | Site classé - SCL0000681 - Grotte de Cussac et ses abords (LE BUISSON-DE-CADOUIN, MOLIERES)
Procédure  Décret 25/03/2013
Acte de classement

Commune(s) d'Aquitaine
LE BUISSON-DE-CADOUIN  (24)
MOLIERES  (24)
Commune(s) hors Aquitaine
---
Autre zone
---

Critère
Site d'intérêt historique et scientifique

Statut de propriété

Type de site
Sites naturels - grands ensembles paysagers

Superficie: 525.14 hectares
 (superficie calculée par la méthode cartésienne sur la donnée géographique en projection légale Lambert 93)

Motivation de la protection

Le classement de la grotte de Cussac a pour objet de préserver une grotte ornée exceptionnelle dans son environnement paysager. Découverte en 2000, elle peut être considérée par son importance comme un « Lascaux de la gravure », en référence à la plus célèbre grotte ornée de France. Cussac contient non seulement des gravures pariétales exceptionnelles inspirées du bestiaire traditionnel du monde paléolithique, mais également des restes humains remarquablement conservés. Des datations récentes sur les vestiges humains permettent d’attribuer les ossements présents à la période du Gravettien (Paléolithique supérieur), ce qui correspond assez bien aux analogies qui peuvent être faites avec les représentations pariétales du Quercy, plaçant ainsi la grotte de Cussac au sein d’un contexte culturel très large.
La Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Aquitaine a engagé immédiatement après sa découverte une procédure de classement au titre des monuments historiques de l’entrée de la cavité, un arrêté de zonage archéologique a été pris par la suite. Le site classé vient en complément : il constitue un outil souvent utilisé pour reconnaître la valeur patrimoniale d’une grotte et surtout compléter les protections au titre des Monuments Historiques qui ne créent pas d’abords protégés pour les cavités souterraines. La législation des sites vient protéger des espaces, des paysages vastes indissociables d’un patrimoine ponctuel dont ils forment l’écrin.

Etat actuel du site

Non loin de la confluence de la Dordogne et de la Vézère, la grotte de Cussac s’inscrit dans un territoire riche d’un patrimoine archéologique mondialement reconnu. L’abondance des vestiges de populations ancestrales sur ce territoire n’est pas sans lien avec ses caractéristiques fondamentales encore aujourd’hui perceptibles dans le paysage. Grâce à la nature des roches et à leur érosion, le substrat géologique révèle des indices de compréhension du paysage mais également de l’usage du territoire par l’Homme. C’est l’érosion du calcaire crétacé tendre couvrant le large territoire de la confluence de la Dordogne et de la Vézère qui a façonné les vallées emblématiques de ces deux rivières mais également celles plus intimistes de leurs affluents. La grotte de Cussac s’inscrit dans un de ces vallons transversaux, celui du Belingou. Ces vallons entaillent un plateau largement forestier dont les sols mêlant argiles, sables et graves offrent des conditions pédologiques pauvres et acides.

Les paysages des abords de la grotte de Cussac sont aujourd’hui constitués d’une part de la vallée étroite du Belingou ponctuée de moulins remarquables mais dont les évolutions vers l’enfrichement et le boisement tendent à une certaine banalisation. D’autre part, la grotte est surplombée et fait face aux plateaux du sud du Périgord, entre Périgord Noir et Bergeracois, où le relief ondule, support d’une alternance de bois et clairières agricoles souvent occupées en leur centre par l’habitat traditionnel.

Un patrimoine de moulins, ancien prieuré, église romane, fermes traditionnelles dispersé dans le territoire donne aux abords de la grotte de Cussac une valeur paysagère intéressante, parfois à réinvestir. Ce patrimoine bâti ponctuent les abords de la grotte et a fait l’objet de l’attention des services de l’Etat dans la délimitation du site classé.

Mais revenons à l’intérieur de la grotte. Si les abords de la grotte offrent des paysages ruraux pittoresques que tout visiteur du Périgord Noir appréciera certainement, il n’en reste pas moins qu’il s’agit de paysages relativement ordinaires pour le sud de la Dordogne. L’intérêt particulier réside bien dans les richesses archéologiques du sous-sol. Et la grotte de Cussac abrite des joyaux de l’art pariétal. Pour ceux qui ont eu la chance de visiter cette cavité, aujourd’hui strictement interdite au public pour des raisons de conservation, la grotte de Cussac offre une expérience exceptionnelle. C’est dans une ambiance tamisée, à peine troublée par les modestes aménagements permettant l’accès, après des efforts pour cheminer dans des boyaux étroits que les gravures surgissent, nombreuses, expressives, précises. Le caractère artistique de ces gravures du bestiaire animal du Paléolithique supérieur, et des quelques figures, traces encore complètement énigmatiques, est indéniable.

Forts de ces constats - un patrimoine archéologique et artistique exceptionnel dans des paysages ruraux pittoresques -, la DRAC et la DREAL Aquitaine ont confié les études nécessaires à la délimitation de périmètres de protection cohérents, permettant d’assurer à long terme la protection la plus complète possible du territoire de la grotte. Située dans un système karstique complexe, l’étude du fonctionnement de la grotte a été confiée au laboratoire de Géosciences de l’Université de Bordeaux (GHYMAC) (études hydrogéologiques et géomorphologiques) et a permis de déterminer la zone d’influence pour la conservation de la grotte. En effet, l’eau est le vecteur majeur de pollutions dans ce type de cavité se développant dans les massifs calcaires, et il était donc nécessaire de définir la zone pouvant influencer la qualité de l’eau mais également le régime d’alimentation en eau de la grotte.

Il a été retenu que la zone d’influence hydrogéomorphologique constituerait la référence pour la délimitation du site classé puisqu’elle correspond à la zone dans laquelle des activités humaines peuvent influencer la conservation de la grotte. Le site classé a été étendu - au-delà de cette zone d’influence hydrogéomorphologique - au coteau faisant face à la grotte, sur la commune de Molières pour des raisons de cohérence paysagère.

Par décret du 25 mars 2013 paru au Journal officiel du mercredi 27 mars 2013, l’ensemble de la grotte de Cussac et ses abords ont été classés pour leur intérêt scientifique et historique parmi les sites du département de la Dordogne. Le classement concerne le sol et le sous-sol.

Enjeux et préconisations

L’autorisation spéciale de travaux est délivrée au cas par cas par le préfet ou le ministre en charge des sites. Elle sera délivrée notamment au regard de :
· la conservation des conditions physico-chimiques de la grotte de Cussac,
· la préservation de la qualité des paysages dans le site classé.

La commune de Molières est concernée uniquement par les orientations liées à la préservation des paysages puisqu’il n’y a pas de lien hydrogéomorphologique mis en évidence à ce jour entre le coteau de Molières et la grotte.

Pour les travaux et modifications qui entrent dans le champ des autorisations au titre du site classé, l’attention sera portée sur les points suivants :

- Tout en assurant l’exploitation et l’entretien nécessaires notamment à la prévention des incendies, il faudra éviter les coupes rases et défrichements ainsi que les travaux lourds de préparation du sol préalables aux plantations, a minima dans les zones proches de la cavité.

- Le développement de l’urbanisation sera à privilégier en-dehors du site classé. Il en va de même pour l’implantation de nouvelles structures, activités, stockages présentant un risque fort de perturbations et de pollutions du sol. Les extensions de constructions existantes, nouveaux bâtiments, annexes ainsi que les projets de restauration du bâti ancien veilleront à respecter le caractère des lieux. L’attention sera portée également sur la gestion de l’assainissement.

- Les travaux d’excavation, de forages entraînant nécessairement de fortes perturbations du sol et des écoulements d’eau devront être évités.

Pour les autres actions, pratiques et préconisations :

Il est en parallèle nécessaire d’encourager toutes les démarches partenariales permettant de promulguer des pratiques agricoles plus économes en intrants, phytosanitaires. Mais il serait également nécessaire qu’une attention particulière soit portée aux traitements des eaux usées sur le secteur. L’ancienne décharge proche de la grotte mériterait également un suivi attentif quant à ses impacts sur la qualité des eaux souterraines de la grotte.

En termes de mise en valeur paysagère, des actions pourraient être promues afin de rouvrir le vallon du Belingou et mettre en exergue la rivière et le patrimoine des moulins.

Ces orientations de gestion et leurs zones d’application sont décrites plus précisément dans le dossier de classement du site.

Ressources