Haut de page

FICHE | Site classé - SCL0000680 - Grotte de Maxange et ses abords
Procédure  Arrêté 04/03/2013
Acte de classement

Commune(s) d'Aquitaine
LE BUISSON-DE-CADOUIN  (24)
Commune(s) hors Aquitaine
---
Autre zone
---

Critère
Site d'intérêt pittoresque et scientifique

Statut de propriété

Type de site
Sites naturels - grands ensembles paysagers

Superficie: 2.03 hectares
 (superficie calculée par la méthode cartésienne sur la donnée géographique en projection légale Lambert 93)

Motivation de la protection

En limite du Périgord Noir, territoire qui recèle un patrimoine souterrain remarquable, la grotte de Maxange a été découverte en 2000 à l’occasion de l’exploitation d’une carrière de pierre à bâtir. Le grand nombre et la beauté des concrétions naturelles qui ornent cette cavité, de petites dimensions, ont incité le propriétaire de la carrière à mettre fin à son exploitation et à aménager le site pour son ouverture au public.

Le Périgord Noir qui jouxte la commune du Buisson de Cadouin, recèle un patrimoine
souterrain particulièrement remarquable dû au sol karstique et à une occupation ancestrale du
territoire par l’Homme. Plusieurs grottes sont d’ores et déjà classées en Dordogne pour la valeur de leurs concrétions : la grotte de Cro-Bique à Cénac, le gouffre de Proumeyssac à Audrix ou encore le Grand Roc aux Eyzies de Tayac. De nombreuses autres cavités et les terrains qui les surplombent sont quant à elles classées pour leurs vestiges préhistoriques : Font de Gaume, Lascaux, Combarelles, Excideuil…
La grotte de Maxange a rejoint les cavités classées au titre des sites pour la beauté de leurs concrétions naturelles.

Les points d’intérêt de la grotte de Maxange sont multiples :
- un intérêt pittoresque manifeste par la présence de concrétions naturelles exceptionnelles,
- renforcé par la beauté des galeries aux formes arrondies, témoins des variations des régimes hydrauliques au cours des temps géologiques,
- un intérêt scientifique fort par la présence de colonnes de sédimentation dans un état de conservation rare.
La grotte de Maxange a présenté au cours des temps géologiques les conditions favorables à un concrétionnement intense qui nous offre aujourd’hui un spectacle exceptionnel. Les plafonds et parois des galeries sont en effet recouverts d’une grande variété de concrétions naturelles : des fistuleuses, des stalactites et stalagmites mais surtout des excentriques fabuleuses aux dimensions exceptionnelles à l’échelle des grottes à concrétions du territoire français, et aux formes particulières. L’emblème de la grotte est d’ailleurs l’une de ces excentriques en forme de perroquet. Alors qu’au plafond s’enchaîne un foisonnement d’excentriques s’immisçant dans la moindre infractuosité, les parois sont quant à elles recouvertes d’aragonite, cette forme particulière de cristallisation du carbonate de calcium bien plus rare que la classique calcite. Le visiteur est impressionné par la continuité des concrétions et leur foisonnement : aucun espace du plafond ne semble avoir échappé à ce phénomène géologique que des jeux de lumière viennent mettre en scène. Jeux d’ombres et de
lumières, drapés de calcite, concrétions évoquant des animaux, des fleurs, concrétions qui défient les lois de la gravité sont autant d’éléments qui font de la visite de Maxange un véritable enchantement.
Il est vrai également que les galeries elles-même participent à la mise en condition du visiteur.

Des cavités aux formes arrondies et douces qu’un éclairage léger accompagne préparent à la
découverte d’un monde merveilleux. Le sens de la visite permet d’ailleurs cette mise en condition progressive : on entre tout d’abord dans un milieu souterrain accueillant qui permet de s’approprier l’espace, l’obscurité avant d’être interpellé par la profusion des concrétions qui ornent les plafonds. Ces galeries illustrent également l’histoire géologique de la grotte et l’importance de l’eau dans la formation des cavités karstiques. Les formes de la cavité témoignent d’un creusement noyé possible uniquement, au vu de l’altitude de la grotte, à des temps très anciens.

Etat actuel du site

D’un point de vue scientifique, la grotte de Maxange n’a encore révélé que peu de ses secrets.
Elle possède notamment des colonnes de sédimentation issues du charriage successif d’alluvions de nature diverse. Ces colonnes présenteraient un intérêt scientifique fort mais n’ont jusqu’à ce jour fait l’objet d’aucune étude poussée. L’absence de remaniement laisse supposer que les enseignements scientifiques seraient très intéressants.

Il est important de noter que la grotte est toujours « active, vivante » puisque le phénomène de concrétionnement semble se poursuivre encore aujourd’hui, et ce malgré les travaux d’aménagement pour l’ouverture au public.
Enfin, l’intérêt de ce site réside aussi dans son histoire peu banale, l’histoire d’une famille qui traditionnellement tournée vers l’exploitation de carrières, transforme son outil de travail en lieu touristique magique, après avoir été elle-même conquise par la beauté des lieux…

Les cavités karstiques sont le résultat des circulations d’eau dans des calcaires par nature perméables. Les phénomènes qui affectent la surface d’un karst et les conditions d’infiltration de l’eau conditionnent la bonne conservation des cavités souterraines. De ce fait, il est primordial qu’a minima les terrains qui surplombent une grotte à préserver soient également classés au titre des sites. Dans le cas de la grotte de Maxange, le relief et le pendage des couches géologiques permettent de considérer que le classement des seuls terrains en surplomb direct de la cavité est nécessaire. Ces terrains aujourd’hui en l’état de boisements mixtes de pins et de chênes ne présentent en eux-même aucun intérêt particulier, mais tout changement de la nature d’occupation du sol ou du mode de gestion pourrait avoir des effets néfastes et irrémédiables sur la grotte. Le classement du sol et du sous-sol a donc été acté pour assurer une protection optimale de la cavité et de ses concrétions.

Les terrains aménagés à l’entrée de la grotte qui constituent la première approche du site pour le visiteur sont également classées afin que ce petit site fasse l’objet d’une approche globale et cohérente.

Par arrêté du 4 mars 2013, publié au Journal Officiel du 4 mars 2013, l’ensemble formé par la grotte de Maxange et ses abords, sur le territoire de la commune de Buisson-de-Cadouin a été classé pour son intérêt scientifique et pittoresque parmi les sites du département de la Dordogne. Le classement concerne le sol et le sous-sol des parcelles n°1271, 1272, 1273, 1276, 1277, 1279, 1811, 1812 de la section A au lieu-dit Mestreguiral.

Enjeux et préconisations

Connaissances scientifiques et suivi de la cavité :
La grotte de Maxange mériterait de bénéficier d’un suivi de son évolution, notamment pour déceler des évolutions néfastes à sa conservation, et réajuster le cas échéant son ouverture au public et/ou prendre toute mesure corrective pour sa bonne préservation. Des mesures simples comme la température, l’humidité, le taux de CO2 constitueraient une base minimale de connaissances pour suivre l’évolution de la grotte.
Par ailleurs, des recherches scientifiques sur les colonnes de sédimentation mériteraient d’être menées, et des partenariats avec les universités établis.

Aménagement de la cavité :
La grotte de Maxange n’a certainement pas encore livré tous ses secrets, et des travaux de prospection complémentaire pourraient permettre la découverte d’autres salles décorées de concrétions. Le programme de prospection et de déblaiement de nouvelles cavités devra faire l’objet d’une autorisation au titre des sites. Ce programme gagnera à être pluriannuel.

Aménagement des abords :
- Envisager à l’avenir des aménagements à caractère moins ornemental, s’inspirant plus de la palette végétale locale. La simplicité des espaces de stationnement est à conserver, et il serait souhaitable que le secteur au sud du bâtiment d’accueil, dernières traces du chantier d’exploitation de la carrière, soit réaménagé.
- Requalifier l’entrée dans le site classé qui est également l’entrée dans l’enceinte du site touristique

Abords du site classé
- S’assurer que les documents d’urbanisme ultérieurs s’opposent à tout rapprochement de l’urbanisation en direction de la grotte afin de préserver une zone tampon autour de ce site. Les boisements limitrophes mériteront d’être identifiés par des espaces boisés classés.
- Conserver également au travers des documents d’urbanisme, la vocation naturelle, agricole et forestière des secteurs situés à l’est du site classé, en contrebas de celui-ci, offrant des paysages bucoliques typiques de ce coin du Périgord. Ces secteurs participent également à la qualité paysagère des abords de ce site touristique.

Ressources