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FICHE | Site classé - SCL0000583 - Domaine de Malagar et ses alentours
Procédure  Décret 04/10/1994
Acte de classement

Commune(s) d'Aquitaine
SAINT-MAIXANT  (33)
Commune(s) hors Aquitaine
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Autre zone
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Critère
Site d'intérêt historique

Statut de propriété

Type de site
Château, parc et jardin, domaine, allée d'arbres, square

Superficie: 139.28 hectares
 (superficie calculée par la méthode cartésienne sur la donnée géographique en projection légale Lambert 93)

Motivation de la protection

« le classement de ce site a été sollicité par, M. Jacques Chaban-Delmas, Président du Conseil régional d’Aquitaine à la suite de la donation en avril 1986 du domaine de Malagar au Conseil régional par les héritiers de François Mauriac.

En effet, le domaine de Malagar a été la propriété familiale de François Mauriac, homme de lettres, membre de l’Académie Française, Grand Croix de la Légion d’Honneur et Lauréat du Prix Nobel en 1952. Elle avait été acquise par son arrière grand-père en 1843. François Mauriac y a séjourné dès son enfance, il y a écrit quelques-uns de ses romans, dont Le Nœud de vipères, qui se passe dans cette maison, et il y est revenu chaque année à la période des vendanges jusqu’à la fin de ses jours en 1970.
François Mauriac a patiemment aménagé ce domaine au cours des années, dans ses moindres détails. Malagar tient une place importante dans l’œuvre de l’écrivain ; Francois Mauriac y a vécu au milieu de sa famille et y a reçu ses amis, leur faisant les honneurs du « château », de son parc, de son vignoble, de son cher Bordelais. Cette propriété familiale, témoignage de la sensibilité d’un grand écrivain français, s’inscrit dans un cadre paysager tout à fait remarquable ». (Extrait du rapport de l’inspecteur des sites – 1991).

Etat actuel du site

ENVIRONNEMENT DU SITE
Le domaine est situé à flanc de coteau en rive droite de la Garonne, non loin de Langon. De la terrasse, vers le Sud, on observe un large panorama qui participa à la renommée du lieu. Aux vignes du premier plan succèdent les prairies et cultures des rives de Garonne, et se dessinent ensuite les toits de Langon et la haute flèche de son église devançant la forêt de Gascogne que l’on aperçoit au loin. Depuis là en bas, et sur la route sinueuse qui nous y mène, on devine Malagar grâce à son alignement de Cyprès reconnaissable. Sur les autres alentours du domaine s’étendent d’autres vignobles, aux parcelles de vignes ondulant sur le relief ponctué des demeures. Au Nord-ouest, le site classé de Malagar est attenant au site inscrit depuis novembre 1981 du bourg de Verdelais, avec ses monuments de pèlerinage et son calvaire. En hauteur également, une vue, agrémentée de la silhouette d’un vieux moulin, est dégagée vers le calvaire depuis Malagar.

DESCRIPTION DU SITE
La demeure du « domaine de Malagarre » (signifiant « mauvaise garenne ») datant du XVIIIe siècle est une ancienne propriété des Célestins de Verdelais, vendue à la Révolution française comme bien national en 1792. Le domaine viticole et son petit château sont devenus la propriété de la famille de François Mauriac (1885-1970) en 1843, achetée par Jean Mauriac l'arrière-grand-père de l'écrivain pour ses terres et son vignoble de 20 hectares. Ce dernier en est devenu propriétaire en 1927, à la mort de sa mère, et y a écrit nombre de ses œuvres.
La maison de maître, qui remonte au 18ème siècle, est caractéristique des demeures bordelaises longues et basses avec un toit plat couvert de tuiles canal. Mais les ancêtres de l’écrivain ont ajouté au centre un « pavillon » couvert d’un toit galbé en ardoise, ainsi qu’une tourelle avec un toit aigu : cela pour faire plus « château » que maison des champs. Des chais sont attenants à la maison.
Les abords de l’habitation sont traités en parc et verger. Un alignement de peupliers d’Italie borde l’allée latérale menant à la demeure, au pied de laquelle s’étend la Grande prairie en pente douce. François Mauriac fit planter un alignement de Cyprès de près de 800m de long au Sud qui, grâce à leur développement important, sont maintenant repérables depuis le bas et contribuent à l’identité du domaine. À l’arrière, une perspective monumentale cadrée par d’immenses haies de charmilles s'ouvre sur le panorama de la Garonne, ainsi mis en scène depuis la maison. Cette terrasse de Malagar et ces charmilles, dont l’écrivain était si fier et où il aimait se reposer sur un banc offre une mise en scène des paysages. La charmille fut un temps taillée en berceau mais il n’est pas fait état de sa date de modification. De part et d’autre de cet élément de composition majeur sont implantés un potager et un verger. Le potager est séparé de la chamille par un bosquet dense de charmes, chênes, érables et autres végétaux.
Le verger souligné d'un bel alignement de tilleuls a été replanté d'essences plus récentes sans réel succès. À l’Est de la maison la garenne du pigeonnier est plantée d’arbres de grand développement : chênes, platanes, pins, etc.

ETAT ACTUEL DU SITE
Le domaine dans son ensemble est aujourd’hui bien entretenu.
Le classement des parcelles de vigne attenantes a permis la protection des paysages visibles depuis le domaine. Toutefois, la vue depuis la terrasse n’est certainement plus ce qu’elle était, tant l’urbanisation diffuse a sérieusement « mité » le paysage La protection d’un périmètre plus étendu vers la Garonne aurait peut-être permis de réguler ces changements. La vue dégagée sur le calvaire de Verdelais n’est désormais plus perceptible qu’en hiver.
La grande prairie est utilisée occasionnellement en stationnement en cas de forte affluence de visiteurs. Autrefois prairie de fauche elle est désormais entretenue comme une surface de gazon rase. La peupleraie a été remplacée en intégralité au début des années 2000 et atteint aujourd’hui une maturité qui lui confère une présence forte dans le paysage. L’alignement de Cyprès et de Pins parasol a été partiellement remplacé en même temps. La charmille, élément majeur, a conservé sa prestance mais le renouvellement de certains pieds vieillissants, est à envisager. Des tilleuls ont ainsi été replantés également en bordure de terrasse.
Le potager participe au caractère « habité » du lieu mais il ne présente plus sa forme d’origine de véritable espace de production. Il se présente aujourd'hui sous forme de planches rectangulaires légèrement surélevées. Le verger ne comporte plus que quelques variétés anciennes remplacées par des espèces plus récentes.
La cour possède un caractère sobre, habillée en majorité de végétaux persistants et banals (lauriers palmes, chalefs, etc) taillés en formes géométriques, qui ne correspond pas aux ambiances décrites dans les différents textes qui l’évoquent : ambiance de « jardin familial », végétaux d'agrément de l'époque mauriacienne…

Enjeux et préconisations

Un plan pluriannuel de restauration du domaine de Malagar a été initié. Si le projet à court terme prévoit la restructuration partielle du bâti, il ne prévoit pas la restauration des jardins.
Il énonce les travaux de restauration des structures végétales à réaliser, répondant à la nécessité de pérennisation du site : restauration des charmilles, soins et replantation des boisements, poursuite de la restauration de l’allée des cyprès et des tilleuls de la terrasse.
Des travaux de restitution du « jardin de Mauriac » doivent être développés afin de rétablir les espaces extérieurs le plus authentiquement possible, tout comme l’est la maison : réaménagement de la cour, verger, potager, gestion de la prairie, amélioration et abondement des éléments de mobilier.
Des travaux liés à l’accueil du public s’avèrent nécessaires (notamment vis-à-vis des Personnes à Mobilité Réduite). Ils comprennent l'amélioration des cheminements, la création d’une aire de stationnement enherbée sur la prairie nord. Toutefois il semble plus opportun de proposer un stationnement réservé, et déjà existant, à proximité immédiate de la demeure plutôt que d’encombrer le site de structures exogènes.
Il serait également possible de reconsidérer la création de l’aire de stationnement au regard d’une nouvelle gestion de la prairie qui occasionnerait moins de gêne lorsque les véhicules y stationneraient pour des occasions particulières.

Un cahier de gestion devrait être étudié ainsi qu’un plan de restauration et de renouvellement des espaces paysagers du domaine.


Conclusion
La propriété Malagar, aujourd'hui maison d'écrivain gérée par les services du Conseil Régional d'Aquitaine présente les caractéristiques d'une maison de maitre du début du XXème siècle. Les transformations que l'écrivain à réalisé dans ce domaine constituent, par endroits des mises en scènes du paysage.
Des recherches historiques vont permettre par le biais d'un programme pluriannuel de restauration de restituer plus exactement l'ambiance de cette propriété familiale.

Ressources